<script data-pm-proxy="intercept"></script><?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:googleplay="http://www.google.com/schemas/play-podcasts/1.0"><channel><title><![CDATA[Au sens large]]></title><description><![CDATA[Chroniques de quelqu'un qui fait semblant de gérer mais qui est trois castors sous un imper.

Le sarcasme est le smoking de la lucidité.]]></description><link>https://frejaville.substack.com</link><image><url>https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!YWb-!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcbd900c4-e787-49e3-93e3-2e112f44aa4d_256x256.png</url><title>Au sens large</title><link>https://frejaville.substack.com</link></image><generator>Substack</generator><lastBuildDate>Tue, 01 Sep 2026 16:02:45 GMT</lastBuildDate><atom:link href="/__u/frejaville.substack.com/feed" rel="self" type="application/rss+xml"/><copyright><![CDATA[Frejaville]]></copyright><language><![CDATA[fr]]></language><webMaster><![CDATA[frejaville@substack.com]]></webMaster><itunes:owner><itunes:email><![CDATA[frejaville@substack.com]]></itunes:email><itunes:name><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></itunes:name></itunes:owner><itunes:author><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></itunes:author><googleplay:owner><![CDATA[frejaville@substack.com]]></googleplay:owner><googleplay:email><![CDATA[frejaville@substack.com]]></googleplay:email><googleplay:author><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></googleplay:author><itunes:block><![CDATA[Yes]]></itunes:block><item><title><![CDATA[En août (4/4) - and just like that, tous les oisillons ont quitté le nid.]]></title><description><![CDATA[En juillet/ao&#251;t, Au sens large passe &#224; une publication par semaine, sous forme de feuilleton. Apr&#232;s Pavillon Croate en juillet, place aux portraits de vacanciers.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/en-aout-44-and-just-like-that-tous</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/en-aout-44-and-just-like-that-tous</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 26 Aug 2026 05:01:03 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/79f4de9a-5d2a-41ff-aed0-1b23f6fccf08_1628x966.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="/__u/substack.com/home/post/p-209651483">L&#8217;&#233;pisode 1 (Personne ne sait pour l&#8217;Ecosse) est dispo ici</a><span>.</span></em></p><p><em><a href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-24-mais-qui-protege-gotham"><span>L&#8217;&#233;pisode 2 (Mais qui prot&#232;ge Gotham City ?) est dispo ici.</span></a></em></p><p><em><a href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-34-un-voyage-de-reve"><span>L&#8217;&#233;pisode 3 (un voyage de r&#234;ve) est dispo ici.</span></a></em></p><p></p><p>Elle &#233;coutait l&#8217;alternant lui raconter pour la trenti&#232;me fois que Batman &#233;tait venu lui demander une cr&#232;me contre les piq&#251;res de m&#233;duse. Elle tentait d&#8217;&#233;vacuer la tendresse de son regard pendant qu&#8217;il s&#8217;animait et qu&#8217;il lui r&#233;expliquait que Batman n&#8217;&#233;tait pas capable de mimer quoi que ce soit correctement. Il avait le m&#234;me &#226;ge que son fils et, comme son fils, il passerait son &#233;t&#233; au boulot pour laisser la priorit&#233; aux parents. Elle se disait qu&#8217;elle allait r&#233;organiser le planning de l&#8217;&#233;quipe pour qu&#8217;il puisse avoir un week-end &#224; rallonge avant la rentr&#233;e des classes.</p><p>C&#8217;&#233;tait la premi&#232;re ann&#233;e depuis bien longtemps qu&#8217;elle restait &#224; l&#8217;officine en juillet et ao&#251;t. Habituellement, elle et son mari prenaient trois semaines, avec juste une semaine en commun, pour passer le plus de temps possible avec leurs enfants. Mais on n&#8217;a que dix-huit &#233;t&#233;s avec ses gosses et elle &#233;tait arriv&#233;e au bout du compte pour les quatre.</p><p>&#192; cinquante-deux ans, c&#8217;&#233;tait dans l&#8217;ordre des choses. L&#8217;a&#238;n&#233;e avait quitt&#233; la maison depuis d&#233;j&#224; sept ans, sonnant le glas des vacances &#224; six. Ils avaient r&#233;ussi &#224; r&#233;unir tout le monde l&#8217;&#233;t&#233; pr&#233;c&#233;dent, pour f&#234;ter le bac du plus petit, qui la d&#233;passait d&#233;sormais de trente bons centim&#232;tres. La grande maison en Bretagne lou&#233;e pour la semaine avait eu un go&#251;t de retrouvailles et de normalit&#233;, mais qu&#8217;il avait &#233;t&#233; dur pour elle de rentrer dans son nid vide le dimanche soir. Elle avait compris qu&#8217;il n&#8217;y aurait plus de vacances d&#8217;&#233;t&#233; avant un bon moment.</p><p>Son mari avait pris les choses avec philosophie. Lui qui avait ador&#233; passer des heures &#224; faire les plus beaux ch&#226;teaux de sable des Alpes-Maritimes paraissait un peu content de passer &#224; autre chose. Plus de go&#251;ters fondus &#224; d&#233;coller du fond des sacs d&#8217;&#233;coles mais des ap&#233;ros au bord de la piscine avec les copains. Pour lui, c&#8217;&#233;tait le retour &#224; un peu de calme apr&#232;s une vie &#224; courir. Quelle id&#233;e, s&#8217;&#233;tait il dit si souvent, de commencer &#224; faire des enfants alors qu&#8217;ils &#233;taient encore en fac de pharmacie.</p><p>Elle ne pouvait pas le contredire. D&#233;sormais, la maison &#233;tait calme. Il n&#8217;y avait plus de devoirs &#224; g&#233;rer, plus de n&#233;gociations sur le temps d&#8217;&#233;cran ni de dossier Parcoursup &#224; finaliser. Pas d&#8217;horaires pour rentrer &#224; la maison, pas de d&#238;ner &#224; pr&#233;parer. Le petit l&#8217;avait bien appel&#233;e pour lui raconter sa rentr&#233;e et lui demander sa recette de pancakes, mais il ne s&#8217;&#233;tait pas &#233;ternis&#233;. Il avait tout un tas de premi&#232;res fois &#224; exp&#233;rimenter, appeler sa vieille m&#232;re tous les soirs n&#8217;&#233;tait pas une option. Elle en &#233;tait un peu heureuse, m&#234;me si elle aurait pr&#233;f&#233;r&#233; l&#8217;envelopper dans du papier bulle et le garder avec elle pour toujours, comme les trois premiers.</p><p>Elle avait donc pr&#233;vu de ne pas prendre de cong&#233;s pendant l&#8217;&#233;t&#233;. Cela permettrait &#224; ses employ&#233;s d&#8217;avoir plus de latitudes pour profiter de leurs enfants tant qu&#8217;il en &#233;tait encore temps, tout en l&#8217;occupant suffisamment pour qu&#8217;elle puisse penser &#224; autre chose.</p><p>Un soir de juillet, alors qu&#8217;elle regardait la piscine sans la voir, son mari s&#8217;&#233;tait approch&#233; d&#8217;elle avec un air r&#233;jouit. Il s&#8217;&#233;tait assis &#224; la table de la terrasse avec elle et l&#8217;avait regard&#233;e pendant un moment.</p><p>&#8220;Tu sais quel jour on est ? avait-il demand&#233;.</p><p>- le 27 juillet, pourquoi ?</p><p>- tu te souviens d&#8217;o&#249; tu &#233;tais, le 27 juillet, il y a vingt-huit ans ?&#8221;</p><p>Horrifi&#233;e, elle s&#8217;&#233;tait aper&#231;ue qu&#8217;elle avait oubli&#233; leur anniversaire de mariage. Il l&#8217;avait enlac&#233;e. Il avait bien compris que la p&#233;riode n&#8217;&#233;tait pas simple pour elle. L&#8217;air de rien, il lui avait montr&#233; une r&#233;servation sur son t&#233;l&#233;phone. Il s&#8217;&#233;tait occup&#233; de tout : planning des employ&#233;s, billets de train, cottage, voiture de location, activit&#233;s. Il tenait &#224; faire de leur premier &#233;t&#233; retrouv&#233; un souvenir inoubliable. Cet &#233;t&#233;, ils partiraient une semaine dans les Highlands.</p><p>Il lui promit qu&#8217;ils y retourneraient tous les six d&#232;s que les enfants auraient des cong&#233;s synchronis&#233;s.</p><p>Le visage enfouit dans la chemise de cet homme qu&#8217;elle avait rencontr&#233; dans un amphi il y avait de cela plus de trois d&#233;cennies, elle songea que la vie &#233;tait plus l&#233;g&#232;re quand on la partage avec quelqu&#8217;un qui vous aide &#224; porter votre sac.</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/en-aout-44-and-just-like-that-tous?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-44-and-just-like-that-tous?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/en-aout-44-and-just-like-that-tous/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-44-and-just-like-that-tous/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[En Août (3/4) - un voyage de rêve]]></title><description><![CDATA[En juillet/ao&#251;t, Au sens large passe &#224; une publication par semaine, sous forme de feuilleton. Apr&#232;s Pavillon Croate en juillet, place aux portraits de vacanciers.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/en-aout-34-un-voyage-de-reve</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/en-aout-34-un-voyage-de-reve</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 19 Aug 2026 05:01:22 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/ed1724a5-f3b2-4ef9-87a8-4a0cb982ad0b_1635x962.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="/__u/substack.com/home/post/p-209651483">L&#8217;&#233;pisode 1 (Personne ne sait pour l&#8217;Ecosse) est dispo ici</a><span>.</span></em></p><p><em><a href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-24-mais-qui-protege-gotham"><span>L&#8217;&#233;pisode 2 (Mais qui prot&#232;ge Gotham City ?) est dispo ici.</span></a></em></p><p>&#8220;Ton enfant aura trois ans dans tous les cas, alors autant qu&#8217;il ait trois ans &#224; Bali&#8221;.</p><p>Son mari lui avait envoy&#233; ce post sur Insta en f&#233;vrier. Elle n&#8217;y avait pas pr&#234;t&#233; d&#8217;attention particuli&#232;re. Il lui envoyait des tas de r&#233;els sans grand int&#233;r&#234;t quand il &#233;tait aux toilettes.</p><p>Deux semaines plus tard, il lui avait fait suivre la r&#233;servation de billets d&#8217;avion : il avait pr&#233;vu qu&#8217;ils partent en famille &#224; Bali durant l&#8217;&#233;t&#233;. Certes, elle avait d&#251; n&#233;gocier au boulot pour changer ses dates de vacances, le planning &#233;tait fig&#233; depuis janvier et elle le lui avait fait suivre. Certes, il avait fallu qu&#8217;elle d&#233;ploie des tr&#233;sors de logistique pour la garde de leur fils, les dates du voyage &#233;tant d&#233;cal&#233;es de celles de fermeture de la cr&#232;che. Mais comme disait son mari, pourquoi stresser autant pour des vacances, pr&#233;vues pour se reposer ?</p><p>Il avait mis un mois suppl&#233;mentaire &#224; r&#233;server un logement. Il l&#8217;avait fait de mauvaise gr&#226;ce, pour qu&#8217;elle arr&#234;te de le relancer plusieurs fois par jour. Il &#233;tait persuad&#233; qu&#8217;il serait toujours temps de r&#233;server quelque chose en arrivant. Elle avait pris sur elle pour rester agr&#233;able lorsqu&#8217;elle lui avait expliqu&#233; qu&#8217;il &#233;tait hors de question de risquer de dormir &#224; la belle &#233;toile pendant deux semaines avec un enfant en bas &#226;ge. La dispute, chuchot&#233;e pour ne pas r&#233;veiller ledit enfant, avait &#233;t&#233; une des pires de leur vie de couple. Il lui avait jet&#233; qu&#8217;ils n&#8217;avaient qu&#8217;&#224; partir &#224; Honfleur les deux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, et tant pis pour les treize mille euros de billets d&#8217;avion. Elle avait failli s&#8217;&#233;vanouir &#224; la mention du prix, qu&#8217;il s&#8217;&#233;tait bien gard&#233; de donner avant. Devant son visage livide, il lui avait dit qu&#8217;il faisait bien ce qu&#8217;il voulait de son argent, et que ses coll&#232;gues de boulot estimaient qu&#8217;un voyage en &#233;co n&#8217;&#233;tait pas vraiment un voyage. Elle repensait souvent &#224; tout ce qu&#8217;ils auraient pu faire avec cette somme.</p><p>Le mois d&#8217;ao&#251;t &#233;tait arriv&#233; &#224; une vitesse folle. Ses copines l&#8217;enviaient tellement de partir au bout du monde et d&#8217;avoir un mari qui avait tout g&#233;r&#233;. Qu&#8217;importe si elle avait d&#251; s&#8217;occuper de checker la m&#233;t&#233;o sur place, faire faire les trois passeports, v&#233;rifier les vaccins et prendre les rendez-vous, remplir les valises, faire un programme d&#8217;activit&#233;s mais pas trop charg&#233; non plus pour ne pas s&#8217;attirer les foudres de son mari, qui consid&#233;rait que les vacances &#233;taient faites pour se reposer. Elle se demandait encore souvent pourquoi elle s&#8217;&#233;tait mari&#233;e avec cet homme. Si c&#8217;&#233;tait pour ne rien faire, alors pourquoi traverser la moiti&#233; du globe ?</p><p>Bon an mal an, les vacances se passaient plut&#244;t bien. Il partait courir &#224; 7 heures du matin et revenait au bout d&#8217;une heure avec des smoothies. Il participait aux activit&#233;s sans r&#226;ler. Il prenait des centaines de photos, et alimentait son compte Instagram plusieurs fois par jour. Pendant ce temps, elle g&#233;rait l&#8217;enfant qui se r&#233;veillait vers 2 heures, pr&#234;t &#224; attaquer une nouvelle journ&#233;e &#224; l&#8217;heure de Paris, remplissait le cabas de cr&#232;me solaire et de go&#251;ters avant de partir en excursion et expliquait pourquoi il n&#8217;&#233;tait pas question de louer un scooter et d&#8217;y monter &#224; trois.</p><p>Il regretta bruyamment de ne pas pouvoir aller faire l&#8217;Asla Harum, la balan&#231;oire g&#233;ante qui surplombait les rivi&#232;res. L&#8217;espace d&#8217;un instant, elle se dit que cela aurait &#233;t&#233; une formidable activit&#233; de couple, qui aurait pu les reconnecter. Il lui reprochait surtout de ne pas l&#8217;avoir r&#233;serv&#233; : il y serait all&#233; seul si elle avait pens&#233; &#224; l&#8217;y inscrire. Il y avait des semaines d&#8217;attente, c&#8217;&#233;tait foutu maintenant. Elle avait hauss&#233; un sourcil sans r&#233;pondre.</p><p>Elle avait regrett&#233; de ne pas avoir r&#233;ussi &#224; perdre ses derniers kilos de post-partum. Elle se trouvait encore trop emp&#226;t&#233;e, elle &#233;tait s&#251;re qu&#8217;elle ne rendait pas bien sur les photos. Elle avait pris des tas de selfies avec son fils, o&#249; elle se contorsionnait pour afficher son meilleur profil, mais elle n&#8217;avait pas trop d&#8217;espoir vis-&#224;-vis des photos faites par son mari. Elle se nota de lui demander de les lui envoyer. Il ne lui avait pas montr&#233; les clich&#233;s qu&#8217;il avait pris, elle regarderait &#231;a tranquillement dans l&#8217;avion du retour.</p><p>Quelques jours plus tard, quelque part au-dessus du Pacifique, elle prit le t&#233;l&#233;phone de son mari pendant qu&#8217;il ronflait comme un bienheureux avec ses boules quies et son masque Elle aurait aim&#233; pouvoir en faire de m&#234;me, mais son fils n&#8217;avait pas sommeil. Elle ouvrit la galerie et admira les centaines de clich&#233;s des paysages balinais et les quelques photos de son fils. Elle parcourut plusieurs fois la galerie avant d&#8217;admettre qu&#8217;il n&#8217;y avait aucune photo d&#8217;elle. Il n&#8217;avait pas pris la peine de l&#8217;immortaliser avec son fils pour l&#8217;&#233;t&#233; de ses trois ans.</p><p>Elle regarda un peu plus profond&#233;ment dans son t&#233;l&#233;phone.</p><p>Quelque part au-dessus des &#233;mirats, elle reposa le smartphone de son mari et attrapa le sien. Profitant de l&#8217;impeccable r&#233;seau wifi de la premi&#232;re classe, elle tapa dans la barre de recherche : &#8220;avocat Paris divorce adult&#232;re&#8221;.</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/en-aout-34-un-voyage-de-reve?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-34-un-voyage-de-reve?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/en-aout-34-un-voyage-de-reve/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-34-un-voyage-de-reve/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[En août (2/4) - Mais qui protège Gotham City ?]]></title><description><![CDATA[En juillet/ao&#251;t, Au sens large passe &#224; une publication par semaine, sous forme de feuilleton. Apr&#232;s Pavillon Croate en juillet, place aux portraits de vacanciers.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/en-aout-24-mais-qui-protege-gotham</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/en-aout-24-mais-qui-protege-gotham</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 12 Aug 2026 05:01:38 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/8c70d292-b7db-4da1-ba5d-ea6d1f0d54b9_1734x907.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="/__u/substack.com/home/post/p-209651483">L&#8217;&#233;pisode 1 (Personne ne sait pour l&#8217;Ecosse) est dispo ici</a>.</em></p><p></p><p>Il se f&#233;licitait de r&#233;ussir &#224; souhaiter une bonne journ&#233;e &#224; la fin de chacune de ses transactions. Il ne pensait pas qu&#8217;il aurait la force mentale pour continuer &#224; &#234;tre cordial un 27 juillet alors qu&#8217;il &#233;tait au travail.</p><p>Il n&#8217;ouvrait presque plus Instagram ces derniers jours. Tous ses potes ne postaient que des stories en bord de plage ou de piscine. Chaque publication rivalisait avec la pr&#233;c&#233;dente. C&#8217;est &#224; qui serait le meilleur en farniente. Il h&#233;sitait m&#234;me &#224; bloquer temporairement la bande de ses copains de lyc&#233;e qui venait de s&#8217;envoler pour un grand week-end au Maroc.</p><p>&#201;tudiant pour devenir pr&#233;parateur en pharmacie, il avait int&#233;gr&#233; cette officine en septembre dernier, deux mois apr&#232;s avoir obtenu son bac. D&#232;s les entretiens, le patron lui avait expliqu&#233; que les employ&#233;s avec des enfants &#233;taient prioritaires pour toutes les vacances scolaires. Il avait vendu du citrate de b&#233;taine le 26 d&#233;cembre et &#224; P&#226;ques, examin&#233; des champignons le 31 octobre et cela faisait un bon mois qu&#8217;il orientait les touristes entre cr&#232;me solaire, lotions apr&#232;s solaire et cosm&#233;tiques pour parfaire le bronzage. Il se consolait en se disant qu&#8217;au moins le magasin &#233;tait climatis&#233;.</p><p>&#8220;Excusez me ?&#8221;</p><p>Une voix masculine l&#8217;arracha &#224; ses pens&#233;es. Muet pendant quelques instants, il eut la pr&#233;sence d&#8217;esprit d&#8217;enclencher son pilote automatique.</p><p>&#8220;Bonjour Monsieur, comment puis-je vous aider ?&#8221;</p><p>Sa voix n&#8217;avait pas flanch&#233;, il en fut assez fier. Parce que devant ce m&#234;me comptoir o&#249; Jeannette, 82 ans, venait tous les premiers mardis du mois r&#233;cup&#233;rer son traitement pour sa tension, ce comptoir us&#233; dont il avait m&#233;moris&#233; tous les d&#233;fauts, ce comptoir des plus banal, se trouvait Batman.</p><p>Pas le vrai, bien s&#251;r. L&#8217;acteur. Celui du dernier film, encore en salle. Il avait en face de lui un homme qu&#8217;il n&#8217;avait jamais vu autrement qu&#8217;en 4 par 3 sur une affiche de cin&#233;ma. Il entendit un l&#233;ger remue-m&#233;nage dans l&#8217;arri&#232;re-boutique. Il &#233;tait s&#251;r que Margaux &#233;tait coll&#233;e &#224; la vitre sans tain, d&#233;go&#251;t&#233;e de lui avoir demand&#233; dix minutes auparavant d&#8217;&#233;changer sa place &#224; l&#8217;accueil avec lui.</p><p>Il mit une sourdine au fanboy qui ne sommeillait plus du tout &#224; l&#8217;int&#233;rieur de lui et afficha son sourire le plus professionnel. Qu&#8217;est ce que Batman pouvait bien vouloir ? La direction de l&#8217;autoroute pour rentrer &#224; Gotham City ? L&#8217;adresse de la planque du Jocker ? Les horaires du casino ?</p><p>Le jeune homme se demandait pourquoi un acteur de cette envergure &#233;tait ici. L&#8217;espace d&#8217;un instant, il avait oubli&#233; qu&#8217;il habitait sur la C&#244;te d&#8217;Azur, la fameuse French Riviera qui faisait toujours r&#234;ver une partie du monde. La partie du monde qui ne connaissait pas les embouteillages sur l&#8217;autoroute, les loyers trop hauts et les salaires trop bas.</p><p>Flaubert avait dit qu&#8217;il ne fallait jamais rencontrer ses idoles. Ou alors c&#8217;&#233;tait sa m&#232;re, il ne savait plus. Cette phrase, qu&#8217;il avait toujours pris &#224; la l&#233;g&#232;re, s&#8217;inscrivit en lettres d&#8217;or devant ses yeux pendant que le milliardaire le plus connu du monde lui expliquait dans un fran&#231;ais &#233;pouvantable ce dont il avait besoin. M&#233;dus&#233;, le jeune gar&#231;on vit l&#8217;acteur commencer &#224; mimer quelque chose mais il ne comprenait rien. Il paraissait d&#233;crire un combat &#224; mort. L&#8217;&#233;tudiant esp&#233;rait qu&#8217;il n&#8217;&#233;tait pas en train de lui expliquer qu&#8217;il avait coinc&#233; le gang du pingouin et qu&#8217;il attendait que quelqu&#8217;un appelle les flics pour pouvoir reprendre ses vacances tranquillement.</p><p>Mortifi&#233;, l&#8217;acteur avait compris que sa pantomime n&#8217;avait servi &#224; rien. Il commen&#231;a alors une s&#233;rie d&#8217;autres gestes reproduisant des gestes de natation puis ce qui semblait &#234;tre une noyade. Ils n&#8217;&#233;taient pas plus avanc&#233;s. Les deux hommes se regardaient avec un d&#233;sespoir poignant.</p><p>Par chance, un petit attroupement s&#8217;&#233;tait form&#233; autour d&#8217;eux, et une jeune fille s&#8217;adressa &#224; la star dans un anglais parfait, et traduisit dans un fran&#231;ais tout aussi impeccable.</p><p>En emballant la cr&#232;me antiseptique contre les br&#251;lures de m&#233;duse, le jeune se dit que quand m&#234;me, les crit&#232;res de recrutement d&#8217;Hollywood &#233;taient sacr&#233;ment bas pour embaucher des acteurs incapables de mimer correctement les choses.</p><p>Les copains partis &#224; Marrakech ne voudraient jamais le croire. Pourvu que Margaux ait pris une photo.</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/en-aout-24-mais-qui-protege-gotham?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-24-mais-qui-protege-gotham?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/en-aout-24-mais-qui-protege-gotham/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-24-mais-qui-protege-gotham/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[En août (1/4) - Personne ne sait pour l'Ecosse]]></title><description><![CDATA[En juillet/ao&#251;t, Au sens large passe &#224; une publication par semaine, sous forme de feuilleton. Apr&#232;s Pavillon Croate en juillet, place aux portraits de vacanciers.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/en-aout-14-personne-ne-sait-pour</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/en-aout-14-personne-ne-sait-pour</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 05 Aug 2026 05:01:01 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/14bb1164-a4c0-4751-99aa-202777ea7f66_1536x1024.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><span>T&#233;l&#233;phone, chargeur, passeport, portefeuille. Il v&#233;rifie ses poches pour la quinzi&#232;me fois dans le tramway qui les emm&#232;ne &#224; l&#8217;a&#233;roport. Ce serait trop b&#234;te de se retrouver coinc&#233; avant de passer les contr&#244;les et de louper l&#8217;avion.</span></p><p><span>Il culpabilise de ne pas avoir laiss&#233; sa m&#232;re le d&#233;poser devant le terminal. D&#8217;un autre c&#244;t&#233;, qui laisse sa m&#232;re le d&#233;poser &#224; l&#8217;a&#233;roport pour partir en vacances sans elle pour la premi&#232;re fois ? Il a l&#8217;impression de rentrer en sixi&#232;me pour la seconde fois. Sauf qu&#8217;il a maintenant dix-huit ans pass&#233;s et un job en alternance qui lui a permis de payer quatre jours &#224; Marrakech avec sa bande du lyc&#233;e.</span></p><p><span>Il aurait pr&#233;f&#233;r&#233; partir en Ecosse. Il s&#8217;est rang&#233; &#224; la majorit&#233;, sans m&#234;me proposer le tour des ch&#226;teaux hant&#233;s qui leur fait envie depuis des ann&#233;es avec ses parents. Il a senti que &#231;a risquait de le mettre sur la touche. Les copains veulent aller &#224; la piscine, faire du quad dans le d&#233;sert et fumer des chichas. Hors de question qu&#8217;il parle des Highlands et du bonheur de porter un pull &#224; la fin du mois de juillet.</span></p><p><span>Il ne reste plus que deux arr&#234;ts avant l&#8217;a&#233;roport. M&#233;lissa discute avec Luna. Elles &#233;voquent les maillots de bain ridiculement peu chers qu&#8217;elles ont achet&#233; sur un site chinois. La boule dans le ventre qu&#8217;il a depuis le matin grossit un peu. Prendre l&#8217;avion, porter de l&#8217;ultra fast fashion et aller se r&#244;tir au soleil. Pour la milli&#232;me fois, il se demande pourquoi il a accept&#233; de partir avec eux. Avant de s&#8217;en souvenir.</span></p><p><span>Il a int&#233;gr&#233; la petite bande au d&#233;but de leur classe de premi&#232;re. Ses parents avaient encore d&#233;m&#233;nag&#233;, il s&#8217;&#233;tait encore retrouv&#233; le seul nouveau de la classe. Un prof avait fait un plan de classe, il s&#8217;est retrouv&#233; &#224; c&#244;t&#233; de Jules. Jules l&#8217;avait remorqu&#233; de salle en salle toute la journ&#233;e, puis celle du lendemain. &#192; la fin de la semaine, il &#233;tait d&#233;j&#224; tomb&#233; d&#233;finitivement amoureux de Luna. Qu&#8217;importe si Luna &#233;tait d&#233;j&#224; amoureuse d&#8217;un autre, il attendrait.</span></p><p><span>Le tram arrive enfin &#224; son terminus. Sur le quai, les cinq grands adolescents regardent autour d&#8217;eux pour se rep&#233;rer. Finalement, les autres le regardent, comme d&#8217;habitude. C&#8217;est lui qui sait r&#233;server les billets et se rep&#233;rer en ville. Il fait les itin&#233;raires de bus et des vacances. Il les emm&#232;ne jusqu&#8217;&#224; la salle d&#8217;embarquement. M&#233;lissa s&#8217;occupe de prendre les premi&#232;res photos du p&#233;riple. Heureusement, parce qu&#8217;il n&#8217;a jamais su prendre de bonnes photos. Il n&#8217;y a que Luna dans sa galerie. Il la garde pour lui.</span></p><p><span>il envoie un SMS &#224; sa m&#232;re pendant qu&#8217;ils attendent pour embarquer. Il se retient de lui dire qu&#8217;il aurait pr&#233;f&#233;r&#233; &#234;tre dans le train de nuit en direction d&#8217;Edimbourgh avec elle et son p&#232;re. Les premi&#232;res vacances sans les parents, ce sont bien sens&#233;es &#234;tres les meilleures, non ? Alors on ne flanche pas et on garde le cap au sud.</span></p><p><span>En un rien de temps, ils sont dans l&#8217;avion. Il a laiss&#233; le hublot &#224; M&#233;lissa : si elle doit assurer le reportage, il est normal qu&#8217;elle b&#233;n&#233;ficie de la vue. Il s&#8217;est assis au milieu, encastrant son immense carcasse dans l&#8217;espace minimaliste que propose la compagnie low cost.</span></p><p><span>Luna s&#8217;est gliss&#233;e sur le fauteuil c&#244;t&#233; all&#233;e. Son c&#339;ur a bondi dans sa poitrine mais il s&#8217;est efforc&#233; de rester impassible. M&#234;me sous la torture, il n&#8217;avouera pas que chaque journ&#233;e de cette ann&#233;e scolaire loin d&#8217;elle a &#233;t&#233; un enfer. Surtout depuis qu&#8217;il a appris qu&#8217;elle s&#8217;&#233;tait s&#233;par&#233;e de son mec. Il n&#8217;a v&#233;cu que pour les trop rares moments o&#249; la bande s&#8217;est reform&#233;e et pour ces vacances, pr&#233;vues depuis le mois d&#8217;avril. Alors que l&#8217;h&#244;tesse explique la marche &#224; suivre en cas de crash, la jeune fille pose la t&#234;te sur son &#233;paule et lui prend la main.</span></p><p><span>Tout compte fait, ces quatre jours seront peut-&#234;tre plus int&#233;ressants qu&#8217;esp&#233;r&#233;s.</span></p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/en-aout-14-personne-ne-sait-pour?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-14-personne-ne-sait-pour?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/en-aout-14-personne-ne-sait-pour/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/en-aout-14-personne-ne-sait-pour/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p><p></p><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Pavillon Croate (4/4) - Il faudrait peut-être appeler les flics.]]></title><description><![CDATA[Pavillon Croate est une com&#233;die noire en 4 &#233;pisodes, diffus&#233;e en juillet 2026 au rythme d'un &#233;pisode par semaine. Pavillon Croate, c'est la croisi&#232;re qui a brutalement arr&#234;t&#233;e de s'amuser.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-44-il-faudrait-peut</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-44-il-faudrait-peut</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 29 Jul 2026 05:00:57 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/9894416e-b298-4728-80c0-4ec405726391_1536x1024.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><em><span>Capitaine d&#8217;un superyacht, Mathieu se l&#232;ve &#224; l&#8217;aube comme tous les matins pour commencer sa journ&#233;e en regardant le soleil se lever sur la M&#233;diterran&#233;e. Arriv&#233; sur le pont avant, il s&#8217;aper&#231;oit que la place est d&#233;j&#224; prise : Guillaume, le cuisinier, g&#238;t sur le ponton, un couteau entre les omoplates. </span><a href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate?r=52qttw">L'&#233;pisode 1 est disponible ici.</a><span> Les clients du bateau semblent peu enclins &#224; se r&#233;soudre &#224; appeler les flics. </span><a href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-2?r=52qttw">L&#8217;&#233;pisode 2 est disponible ici.</a> Surtout quand l&#8217;identit&#233; du meurtrier est d&#233;couverte. <a href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-34-mais-balancez">L'&#233;pisode 3 est disponible ici</a></em></p><p>Mathieu avait ferm&#233; les yeux tr&#232;s fort en comptant jusqu&#8217;&#224; 5. Avec un peu de chance, il ne s&#8217;&#233;tait pas vraiment r&#233;veill&#233; ce matin et quand il ouvrirait les yeux, il serait dans son lit, Guillaume ne serait pas mort, personne ne militerait pour le balancer &#224; l&#8217;eau et le fils de ses clients n&#8217;aurait pas avou&#233; le meurtre. Il allait se r&#233;veiller, se faire couler un caf&#233;, et r&#234;vasser &#224; la brune du dernier port devant le lever du soleil.</p><p>Loup&#233;.</p><p>Monsieur chouinait toujours en parlant du Ministre, l&#8217;adolescent boudait et la femme de chambre venait de reremplir le verre de Madame. Martini cette fois-ci. M&#233;lang&#233; &#224; la vodka pr&#233;c&#233;dente, son estomac ferait un cosplay de James Bond tout &#224; fait acceptable.</p><p>Le capitaine commen&#231;a &#224; interroger l&#8217;adolescent calmement. Ce serait toujours &#231;a de pris s&#8217;il lui fallait se rendre aux autorit&#233;s locales. Avec un peu de chance, il pourrait &#234;tre d&#233;charg&#233; de la complicit&#233; de crime s&#8217;il pouvait livrer le d&#233;roul&#233; des faits. Avec r&#233;ticence, le jeune homme donna quelques explications. Le mal de dos de Guillaume, qu&#8217;il n&#8217;avait pas avou&#233; aux clients, l&#8217;emp&#234;chait de confectionner des repas n&#233;cessitant une station debout prolong&#233;e. Le jeune homme lui avait r&#233;clam&#233; des pizzas tous les jours, que le cuisinier lui avait refus&#233; en variant les pr&#233;textes. La v&#233;rit&#233; &#233;tant qu&#8217;il n&#8217;&#233;tait plus capable de p&#233;trir la p&#226;te.</p><p>Le raisonnement de l&#8217;adolescent &#233;tait simple : si le cuisinier ne veut pas servir de pizza, alors il faut changer de cuisinier. Et pour ne pas avoir &#224; n&#233;gocier avec son p&#232;re, le plus simple &#233;tait encore de ne pas lui laisser le choix. Mais il est vrai qu&#8217;il pensait juste le blesser suffisamment pour n&#233;cessiter une &#233;vacuation d&#8217;urgence.</p><p>&#192; ces mots, Monsieur avait souri et donn&#233; une accolade &#224; son fils. Le digne fils de son p&#232;re ferait son premier stage au si&#232;ge de la holding, sur les Champs Elys&#233;es, d&#232;s l&#8217;&#233;t&#233; suivant.</p><p>Mathieu s&#8217;&#233;tait permis d&#8217;interrompre l&#8217;&#233;lan de Monsieur pour rappeler qu&#8217;il fallait contacter les autorit&#233;s comp&#233;tentes, m&#234;me si on avait un doute sur la comp&#233;tence. Les deux hommes s&#8217;&#233;taient tourn&#233;s vers leur employ&#233;, muets. Le capitaine avait continu&#233;, s&#251;r de lui : puisque Monsieur connaissait le Ministre, personne n&#8217;aurait d&#8217;ennui, donc il n&#8217;y avait plus de probl&#232;me. Madame avait acquiesc&#233;. Bien qu&#8217;il soit &#224; peu pr&#232;s s&#251;r qu&#8217;elle n&#8217;ait pas suivi la conversation, cela fit plaisir au capitaine.</p><p>&#201;berlu&#233;, Monsieur avait repris la parole. Mathieu n&#8217;y songeait pas. Bien s&#251;r que le Ministre veillerait &#224; ce que tout se passe bien, mais avait-il la moindre id&#233;e de ce qu&#8217;il se passerait si la presse venait &#224; l&#8217;apprendre ? La mauvaise publicit&#233; ? Les investisseurs superstitieux qui penseraient que Monsieur avait le mauvais &#339;il et n&#8217;investiraient plus ? Est-ce que Mathieu savait ce qu&#8217;&#233;tait, un investisseur qui n&#8217;investit plus ? C&#8217;est un investisseur qui reprend son pognon et qui coule une entreprise, et une entreprise qui coule ce sont des emplois qui sautent. Est-ce que Mathieu voulait porter la responsabilit&#233; de centaines d&#8217;ouvriers sans emplois ? Autant les ouvriers de l&#8217;usine de France pourraient toucher le ch&#244;mage, mais est-ce que Mathieu pensait aux ouvriers des autres pays ?</p><p>Le capitaine s&#8217;opposa fermement &#224; son employeur. Guillaume m&#233;ritait une s&#233;pulture d&#233;cente. Il serait toujours temps d&#8217;inventer une histoire pour la presse, en accord avec le Ministre. Le Ministre devait bien avoir du personnel en charge de ce genre de choses, non ? Sinon, &#224; quoi cela servait d&#8217;&#234;tre Ministre ? Et puis on ne pouvait pas garantir l&#8217;efficacit&#233; des requins. Le jour o&#249; un morceau de Guillaume serait d&#233;couvert, les gens poseront des questions.</p><p>Monsieur ne put que rejoindre ce dernier argument. C&#8217;&#233;tait fort emb&#234;tant de ne pas pouvoir compter sur l&#8217;efficacit&#233; des requins. Il philosopha quelques minutes sur ce bas monde o&#249; on ne peut plus faire confiance &#224; personne. Il faudrait trouver un autre subterfuge qui permettrait aux autorit&#233;s de ne pas faire d&#8217;enqu&#234;te.</p><p>___</p><p>D&#233;p&#234;che AFP</p><p>M&#233;diterran&#233;e</p><p>Un superyatch retrouv&#233; &#224; la d&#233;rive &#224; l&#8217;ouest des Cyclades. Les propri&#233;taires ainsi que la femme de chambre, sous le choc, ont &#233;t&#233; secourus. Les corps du cuisinier et du capitaine ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s sur le pont avant. D&#8217;apr&#232;s l&#8217;enfant des propri&#233;taires, &#233;galement pr&#233;sent sur le yacht, les deux membres d&#8217;&#233;quipages se seraient battus &#224; mort suite &#224; un d&#233;saccord sur l&#8217;&#233;laboration des menus. Le Quai d&#8217;Orsay n&#8217;a pas souhait&#233; communiquer l&#8217;identit&#233; des deux victimes.</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-44-il-faudrait-peut?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-44-il-faudrait-peut?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-44-il-faudrait-peut/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-44-il-faudrait-peut/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Pavillon croate (3/4) - Mais balancez le à la flotte bon sang]]></title><description><![CDATA[Pavillon Croate est une com&#233;die noire en 4 &#233;pisodes, diffus&#233;e en juillet 2026 au rythme d'un &#233;pisode par semaine. Pavillon Croate, c'est la croisi&#232;re qui a brutalement arr&#234;t&#233;e de s'amuser.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-34-mais-balancez</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-34-mais-balancez</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 22 Jul 2026 05:02:06 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/d3bd59f6-8d26-48aa-b3ba-6f293a1297c0_1536x1024.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><em><span>Capitaine d&#8217;un superyacht, Mathieu se l&#232;ve &#224; l&#8217;aube comme tous les matins pour commencer sa journ&#233;e en regardant le soleil se lever sur la M&#233;diterran&#233;e. Arriv&#233; sur le pont avant, il s&#8217;aper&#231;oit que la place est d&#233;j&#224; prise : Guillaume, le cuisinier, g&#238;t sur le ponton, un couteau entre les omoplates. </span><a href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate?r=52qttw">L'&#233;pisode 1 est disponible ici.</a> Les clients du bateau semblent peu enclins &#224; se r&#233;soudre &#224; appeler les flics. <a href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-2?r=52qttw">L&#8217;&#233;pisode 2 est disponible ici.</a></em></p><p></p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu Au sens large ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p>Mathieu tentait de garder la situation sous contr&#244;le. Il avait r&#233;ussi &#224; confisquer le t&#233;l&#233;phone de la femme de chambre avant qu&#8217;elle ne diffuse ses selfies avec feu Guillaume. Elle avait cri&#233; au scandale et &#224; la censure mais avait &#233;t&#233; rattrap&#233;e au vol par Madame, toujours assomm&#233;e par ses somnif&#232;res, qui criait encore plus fort en r&#233;clamant un caf&#233;. L&#8217;employ&#233;e &#233;tait descendue en maugr&#233;ant s&#8217;acquitter de son service. Un probl&#232;me pour plus tard, s&#8217;&#233;tait dit Mathieu, quelque peu soulag&#233;.</p><p>Monsieur lui expliquait pourquoi il fallait balancer le corps &#224; la flotte. Apr&#232;s tout, il n&#8217;allait pas laisser le cuisinier g&#226;cher ses vacances, cela faisait d&#233;sormais une bonne heure et demie qu&#8217;il le martelait. Avec un peu de chance, il y aurait quelques requins dans les parages. Une op&#233;ration rondement men&#233;e qui permettrait &#224; Monsieur de retourner petit-d&#233;jeuner avant sa visio de 11 h 30. En l&#8217;absence du cuisinier, il comprenait parfaitement qu&#8217;il faudrait faire simple jusqu&#8217;au prochain recrutement.</p><p>Agripp&#233;e &#224; sa tasse si durement obtenue, Madame acquies&#231;ait. &#192; quoi, il y avait de solides chances qu&#8217;elle n&#8217;en ait aucune id&#233;e, mais dans le doute, elle &#233;tait d&#8217;accord avec Monsieur.</p><p>Mathieu cherchait un bon argument mais rien dans sa carri&#232;re ne l&#8217;avait pr&#233;par&#233; &#224; expliquer &#224; un client qu&#8217;on ne balance pas un corps &#224; la flotte comme dans un film de s&#233;rie Z. Il ouvrait et refermait la bouche sans parvenir &#224; prof&#233;rer un son, quand son regard fut attir&#233; par un mouvement &#224; l&#8217;int&#233;rieur du bateau. Il &#233;tait quasiment 10 heures : le fils des clients venait de se r&#233;veiller.</p><p>Le capitaine n&#8217;eut pas le temps de se demander s&#8217;il fallait expliquer le contexte complet &#224; un adolescent de quinze ans que Madame avait d&#233;j&#224; tout d&#233;ball&#233; : pas de petit d&#233;jeuner, un caf&#233; mal fait et un r&#233;veil aux aurores, tout &#231;a parce que le cuisinier n&#8217;avait pas eu la d&#233;cence d&#8217;attendre le prochain port pour s&#8217;adonner &#224; une rixe mortelle de marins avin&#233;s.</p><p>&#192; ces mots, Mathieu et l&#8217;adolescent devinrent livides. Le premier pour s&#8217;&#234;tre fait traiter par ricochet de marin avin&#233;. Le second probablement &#224; l&#8217;id&#233;e d&#8217;avoir c&#244;toy&#233; la Camarde durant la nuit. Enfin, c&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;avait pens&#233; le capitaine l&#8217;espace d&#8217;un instant, jusqu&#8217;&#224; ce que le jeune homme prononce calmement : &#8220;je pensais pas que je l&#8217;avais tu&#233;&#8221;.</p><p>On aurait pu entendre une mouche voler, si tant est qu&#8217;il y ait des mouches dans les eaux internationales.</p><p>Monsieur devint blanc, puis rouge, puis un peu bleu. Un bel hommage &#224; son pays d&#8217;origine, se dit Mathieu. Madame avait tendu sa tasse vide en disant &#8220;vodka&#8221;. La femme de chambre avait substitu&#233; le mug par un verre parfaitement dos&#233; en moins de trente secondes, preuve de l&#8217;implacable professionnalisme du personnel.</p><p>L&#8217;adolescent, d&#233;sormais au centre de l&#8217;attention, avait retrouv&#233; la morgue typique de ses pairs. Comme d&#233;cid&#233;ment tout le monde avait d&#233;cid&#233; de lui couper l&#8217;herbe sous le pied ce matin-l&#224;, Monsieur ne laissa pas Mathieu questionner son fils. L&#8217;attrapant par le bras, il se mit &#224; le secouer en lui demandant ce qui lui &#233;tait pass&#233; par la t&#234;te et s&#8217;il savait dans quelle panade il avait mis tout le monde. Monsieur allait devoir t&#233;l&#233;phoner au Ministre pour &#233;touffer l&#8217;affaire. Est-ce que quelqu&#8217;un savait &#224; quel point le Ministre &#233;tait barbant ? Non, bien s&#251;r que non, personne ne le savait, parce que tout le monde lui laissait toujours le sale boulot sans jamais le remercier.</p><p>L&#8217;adolescent, toujours boudeur, sugg&#233;ra de balancer le corps &#224; la mer. Pas de corps, pas d&#8217;enqu&#234;te, et il serait toujours temps de pr&#233;texter que le cuisinier n&#8217;avait pas rejoint l&#8217;&#233;quipage au d&#233;part de la derni&#232;re escale. &#201;berlu&#233;, Mathieu l&#8217;entendait d&#233;rouler un plan similaire &#224; celui que son p&#232;re lui avait sugg&#233;r&#233; deux heures plus t&#244;t. Il lui pr&#233;disait un grand avenir dans les affaires.</p><p>Quand il eut fini d&#8217;expliquer sa solution, il demanda : &#8220;est-ce que la prochaine fois, on pourra avoir un cuisinier qui sait faire des pizzas ?&#8221;</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-34-mais-balancez?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-34-mais-balancez?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-34-mais-balancez/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-34-mais-balancez/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Pavillon Croate (2/4) - Mais qui va servir les croissants ?]]></title><description><![CDATA[Une s&#233;rie en quatre &#233;pisodes]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-2</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-2</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 15 Jul 2026 05:00:44 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/54ca918d-1e19-47be-9388-0a5ab79a286d_1734x907.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><em>Capitaine d&#8217;un superyacht, Mathieu se l&#232;ve &#224; l&#8217;aube comme tous les matins pour commencer sa journ&#233;e en regardant le soleil se lever sur la M&#233;diterran&#233;e. Arriv&#233; sur le pont avant, il s&#8217;aper&#231;oit que la place est d&#233;j&#224; prise : Guillaume, le cuisinier, g&#238;t sur le ponton, un couteau entre les omoplates. <a href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate?r=52qttw">L'&#233;pisode 1 est disponible ici.</a></em></p><p></p><p><span>La premi&#232;re chose qui traversa l&#8217;esprit de Mathieu fut le petit d&#233;jeuner. Si Guillaume n&#8217;&#233;tait plus l&#224;, comment expliquer la pr&#233;sence des croissants maison sur la table ? Allait-il falloir avouer le stock de la chambre froide ?</span></p><p><span>Mathieu se pin&#231;a l&#8217;ar&#234;te du nez avec deux doigts puis il s&#8217;effor&#231;a de respirer calmement. Primo, on ne salit pas la r&#233;putation d&#8217;un d&#233;funt. Secundo, on pr&#233;vient le propri&#233;taire. Tertio, on appelle les flics.</span></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://www.instagram.com/sophie.frejaville/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Je suis aussi tr&#232;s fun sur Insta&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://www.instagram.com/sophie.frejaville/"><span>Je suis aussi tr&#232;s fun sur Insta</span></a></p><p><span>Le tertio allait s&#8217;av&#233;rer compliqu&#233; : le navire &#233;tant actuellement dans les eaux internationales, il faudrait r&#233;f&#233;rer &#224; la police croate puisque le bateau portait leur pavillon. Est-ce que Mathieu parlait croate ? Non. Est-ce que son second parlait croate ? Non plus. Est-ce que quelqu&#8217;un sur ce satan&#233; rafiot, propri&#233;taire compris, pourrait survivre une semaine &#224; Zagreb en parlant la langue locale ? &#201;videmment que non.</span></p><p><span>Mathieu avala son caf&#233; d&#8217;un trait. Vingt saisons de NCIS lui avaient appris deux choses : il n&#8217;avait aucune id&#233;e de l&#8217;effectif de l&#8217;US Navy vu qu&#8217;il en restait encore apr&#232;s vingt ann&#233;es de meurtres sordides et on ne s&#8217;approche pas d&#8217;une sc&#232;ne de crime. Restant &#224; une distance que Leroy Jethro Gibbs aurait valid&#233;, il examina du regard le corps de son employ&#233;. Mathieu ne retrouvait pas l&#8217;expression tourment&#233;e des derni&#232;res semaines sur son visage. Tu m&#8217;&#233;tonnes, se dit le capitaine, il a trouv&#233; un moyen imparable de ne plus avoir mal au dos.</span></p><p><span>Le soleil &#233;tait d&#233;sormais totalement lev&#233;. Mathieu jugea qu&#8217;il &#233;tait grand temps de r&#233;veiller Monsieur. Il se dirigea d&#8217;un pas lent vers la Master Bedroom, la chambre principale qui n&#8217;avait rien &#224; envier aux palaces de la terre ferme. De ce qu&#8217;il en savait, il n&#8217;avait aucune chance d&#8217;interrompre autre chose que la phase de sommeil la plus lourde. Ce n&#8217;est pas pour rien que la BAC d&#233;fonce toujours vos portes &#224; 6 heures du matin, songea-t-il en toquant &#224; la porte.</span></p><p><span>L&#8217;heure suivante fut quelque peu chaotique. Madame &#233;tait groggy &#224; cause de ses somnif&#232;res et demandait toutes les dix minutes &#224; quoi cela servait de payer du personnel si elle ne pouvait pas avoir un caf&#233; sans le r&#233;clamer. Monsieur avait commenc&#233; par s&#8217;insurger des mani&#232;res de son capitaine et l&#8217;avait menac&#233; d&#8217;un licenciement. Le reste de l&#8217;&#233;quipage s&#8217;&#233;tait lev&#233; sur ces entrefaites et Mathieu regrettait de ne pas avoir mis quelqu&#8217;un d&#8217;autre du personnel dans la confidence pour l&#8217;aider &#224; g&#233;rer la situation.</span></p><p><span>La situation &#233;tant, &#224; 7 heures du matin : Madame r&#233;clame le petit d&#233;jeuner, Monsieur refuse d&#8217;appeler les autorit&#233;s comp&#233;tentes, le m&#233;canicien vomissant par le bastingage, la femme de chambre faisant des selfies avec le corps pour les mettre sur les r&#233;seaux sociaux et l&#8217;enfant de Monsieur et Madame endormi dans sa cabine.</span></p><p><span>Mathieu &#233;tait un capitaine aguerri, et il savait que si Monsieur d&#233;cidait de le renvoyer, il trouverait un autre emploi dans la foul&#233;e. C&#8217;est pour cela qu&#8217;il n&#8217;avait en g&#233;n&#233;ral aucun probl&#232;me &#224; tenir t&#234;te &#224; son employeur. Toutefois, la r&#233;action si formelle de Monsieur l&#8217;avait laiss&#233; muet.</span></p><p><span>Hors de lui, Monsieur vocif&#233;rait. D&#233;j&#224;, on n&#8217;avait pas id&#233;e de mourir sur son bateau. Est-ce que quelqu&#8217;un imaginait l&#8217;ann&#233;e qu&#8217;il avait pass&#233;e ? Le haut niveau de stress que son activit&#233; de PDG de multinationale amenait au quotidien ? S&#8217;il avait d&#233;cid&#233; de passer le mois de juillet sur son yacht, c&#8217;&#233;tait pour se reposer, et prendre quelques visioconf&#233;rences confidentielles sur le pont arri&#232;re. Il avait suffisamment &#224; g&#233;rer le reste de l&#8217;ann&#233;e, il n&#8217;&#233;tait pas question de passer ne serait-ce que cinq minutes &#224; s&#8217;occuper des probl&#232;mes du petit personnel. Et puis son avocat n&#8217;&#233;tait pas p&#233;naliste. Il avait continu&#233; &#224; &#233;cumer pendant une bonne demi-heure, r&#233;p&#233;tant les mots &#8220;incomp&#233;tent&#8221;, &#8220;inqualifiable&#8221;, &#8220;innommable&#8221; et &#8220;caf&#233;&#8221;, sans que son capitaine ne s&#8217;en &#233;meuve outre mesure. M&#234;me si sa fiche de poste mentionnait le maintien de l&#8217;ordre sur le b&#226;timent et l&#8217;aide g&#233;n&#233;rale de ses troupes, il n&#8217;y avait rien sur la lutte contre le crime organis&#233; ni sur le service &#224; table.</span></p><p><span>Quand Monsieur avait enfin repris son souffle, Mathieu avait tent&#233; d&#8217;en placer une. Malheureusement, il avait &#233;t&#233; pris de court par l&#8217;intervention de Madame : y aurait-il des croissants pour le petit d&#233;jeuner ?</span></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-2?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-2?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-2/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate-2/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Pavillon croate (1/4) - le capitaine et le cuisinier]]></title><description><![CDATA[Episode 1]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 05:00:58 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/25850399-6808-4230-a011-0cd4eae6061b_1730x909.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><em>Cet &#233;t&#233; on fait une pause. On recommencera &#224; s&#8217;insurger en septembre. </em></p><p><em>Pour d&#233;marrer l&#8217;&#233;t&#233;, je vous propose une fiction en 4 &#233;pisodes, au rythme d&#8217;un par semaine. Avec Pavillon croate, la croisi&#232;re s&#8217;amuse. Ou au moins elle essaie.</em></p><p>Mathieu s&#8217;&#233;tait r&#233;veill&#233; &#224; 5 h 30, comme tous les jours entre mai et septembre.</p><p>Il aimait cette routine. Dix minutes de m&#233;ditation. Quelques &#233;tirements. Une douche, rapide parce qu&#8217;il fallait que les clients puissent avoir de l&#8217;eau. Se faire un caf&#233; au mess et monter le boire sur le pont avant, celui r&#233;serv&#233; au personnel. Savourer la vue incroyable et prendre le temps de se dire qu&#8217;il avait r&#233;alis&#233; son r&#234;ve : capitaine sur un super yacht.</p><p>Les propri&#233;taires avaient d&#233;cid&#233; d&#8217;y passer leur mois de juillet. Cela contrevenait &#224; leurs habitudes, ils ne passaient jamais plus que quelques jours en bateau chaque ann&#233;e. Cela convenait plut&#244;t bien au capitaine : le bateau &#233;tait lou&#233; &#224; la semaine, et la tradition du <em>tips</em> lui permettait de doubler son salaire. Mais cette ann&#233;e, Monsieur avait eu une ann&#233;e harassante, et il comptait bien se d&#233;lasser en passant d&#8217;endroits merveilleux en criques spectaculaires. Mathieu ne comprenait que trop bien ce sentiment : en breton pur jus, il n&#8217;imaginait pas meilleur endroit que la mer pour se ressourcer.</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://www.instagram.com/sophie.frejaville/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Sinon je suis dr&#244;le sur insta aussi&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://www.instagram.com/sophie.frejaville/"><span>Sinon je suis dr&#244;le sur insta aussi</span></a></p><p></p><p>Mathieu avait pass&#233; quelques jours &#224; peaufiner l&#8217;itin&#233;raire. Ils &#233;taient partis de Cannes en direction de l&#8217;est. Quand on parlait de paradis, Mathieu visualisait toujours les Cyclades, au large de la Gr&#232;ce. Pour lui, rien ne pourrait jamais &#233;galer ces fa&#231;ades si blanches qu&#8217;elles en &#233;taient douloureuses pour les yeux, et ce bleu qui n&#8217;existait que l&#224;-bas. Il avait eu beau naviguer dans les plus beaux endroits du monde, aucun ne rivaliserait jamais avec un coucher de soleil &#224; Santorin.</p><p>La t&#234;te encore dans les brumes du sommeil, il regardait couler le caf&#233; dans sa tasse. Super-yacht ou pas, la machine faisait autant de bruit qu&#8217;un marteau-piqueur thermonucl&#233;aire. Il s&#8217;agissait de la seule cafeti&#232;re &#224; bord, strat&#233;giquement plac&#233;e au fond de la cale pour &#233;viter de d&#233;ranger les clients. Mathieu baillait copieusement. La veille, il avait d&#251; terminer la plonge &#224; la place du cuisinier. Ce dernier refusait de soigner sa sciatique et pr&#233;f&#233;rait boiter en jurant ses grands dieux que &#231;a allait passer. Mathieu le comprenait un peu : le yacht battait pavillon croate, et leurs contrats de travail &#233;galement. Aucune s&#233;cu n&#8217;&#233;tant aussi g&#233;n&#233;reuse que la fran&#231;aise, il valait mieux prier pour que &#231;a passe que solliciter un arr&#234;t maladie. Toutefois, cela avait ses cons&#233;quences et Guillaume, le cuistot mal en point, avait termin&#233; le service recroquevill&#233; de douleur sur sa couchette, pendant que le m&#233;canicien tentait de d&#233;gotter des antidouleurs aupr&#232;s du reste de l&#8217;&#233;quipage et que le capitaine se collait la plonge comme un matelot en bizutage. Que les propri&#233;taires ne s&#8217;&#233;tonnent pas de manger des salades et des tartares dans les prochains jours. Les menus seraient exclusivement compos&#233;s de plats rapides &#224; ex&#233;cuter et qui ne n&#233;cessitaient presque aucune station debout. Mathieu couvrirait son employ&#233; jusqu&#8217;en enfer : les fameuses viennoiseries maison qui &#233;taient servies tous les matins avaient &#233;t&#233; achet&#233;es par douzaines dans une boulangerie cannoise avant d&#8217;&#234;tre planqu&#233;es dans la chambre froide et discr&#232;tement r&#233;chauff&#233;es juste avant le petit d&#233;jeuner.</p><p>En gravissant les marches vers le pont arri&#232;re, Mathieu se disait qu&#8217;il m&#233;riterait bien un croissant, d&#8217;ailleurs. Il connaissait une boulangerie quasiment aussi bonne dans les Cyclades, o&#249; ils pourraient bient&#244;t renouveler leur stock. Plissant les yeux &#224; cause du jour qui commen&#231;ait &#224; poindre, il s&#8217;engagea en direction du pont avant. Il s&#8217;&#233;tait lev&#233; suffisamment rapidement pour profiter de la quasi-totalit&#233; du spectacle. Comme chaque matin, il repensa &#224; cette brune rencontr&#233;e dans un bar juste avant le d&#233;part. Il se demandait si elle aurait aim&#233; voir le soleil s&#8217;&#233;lever au dessus du paradis.</p><p>Quand il arriva sur le pont avant, il eut la d&#233;sagr&#233;able surprise de le trouver d&#233;j&#224; occup&#233;.</p><p>Ce matin-l&#224;, pas de brune incendiaire pr&#234;te &#224; regarder le soleil blottie contre lui.</p><p>Non.</p><p>Guillaume gisait sur les lattes de bois, un couteau plant&#233; entre les omoplates.</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/pavillon-croate/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/pavillon-croate/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Toy Story 5, Dédé et la machine à timbrer]]></title><description><![CDATA[Ou pourquoi je r&#234;ve d'un vaguemestre.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/toy-story-5-dede-et-la-machine-a</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/toy-story-5-dede-et-la-machine-a</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 01 Jul 2026 05:00:39 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/c21a584c-01d9-4ef1-bd86-439b70262b2c_1536x1024.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><span>Samedi dernier, j&#8217;ai emmen&#233; mon fils voir Toy Story 5.</span></p><p><span>L&#8217;histoire est assez simple : les enfants sont tous scotch&#233;s &#224; une tablette et quiconque voudrait avoir encore un peu d&#8217;imagination est rel&#233;gu&#233; au rang des losers. S&#8217;ensuivra toute une folle &#233;pop&#233;e que je ne vous spoile pas mais dont on peut retirer comme morale que &#8220;les &#233;crans nous rapprochent autant qu&#8217;ils nous s&#233;parent&#8221;.</span></p><p><span>M&#234;me s&#8217;il se concentre sur les enfants, le film ne fait pas d&#8217;impasse sur le comportement des parents, et j&#8217;ai trouv&#233; ce choix assez courageux. Dans Toy Story 5, les adultes ne montrent pas l&#8217;exemple. Ils sont devant leurs PC et travaillent, regardent des vid&#233;os rigolotes ou jouent. Ils ont aussi des r&#233;unions teams qui, comme dans la vraie vie, ressemblent davantage &#224; une messe noire qu&#8217;&#224; un groupe de travail (&#8220;Alexandre, est-ce que tu m&#8217;entends ? Es-tu avec nous? Si tu m&#8217;entends, cligne des yeux.&#8221;). Ils sont tellement absorb&#233;s par leurs propres &#233;crans que les jouets peuvent vivre leur vie ni vus ni connus.</span></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://www.instagram.com/sophie.frejaville/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Sinon, je suis aussi hilarante sur insta&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://www.instagram.com/sophie.frejaville/"><span>Sinon, je suis aussi hilarante sur insta</span></a></p><p><span>&#199;a ne vous rappelle rien ?</span></p><p><span>Je me suis pas mal identifi&#233;e dans ces adultes-l&#224;. Parce que je suis cadre dans un bureau. Je passe 8 heures par jour &#224; regarder un &#233;cran et &#224; tapoter sur un clavier. Internet m&#8217;am&#232;ne des probl&#232;mes via des mails, qui ne sont jamais que des pixels affich&#233;s sur mon &#233;cran, et je lui renvoie des solutions, par le biais d&#8217;autres mails qui ne sont que d&#8217;autres pixels impr&#233;gn&#233;s par mon stress. Et pendant que je fais &#231;a, le monde r&#233;el dispara&#238;t.</span></p><p><span>J&#8217;ai commenc&#233; ma carri&#232;re il y a une quinzaine d&#8217;ann&#233;es. Les s&#233;millants retrait&#233;s du bureau d&#8217;&#233;tudes qui m&#8217;avait embauch&#233;e venaient nous voir une fois par mois, pour boire le caf&#233; et timbrer leurs enveloppes. Une pens&#233;e pour D&#233;d&#233; qui n&#8217;a pas eu &#224; acheter un timbre entre 1970 et 2013, date &#224; laquelle on a mis la clef sous la porte. Mes s&#233;millants retrait&#233;s avaient contribu&#233; &#224; la construction d&#8217;un r&#233;seau d&#8217;autoroutes. &#8220;On partait pour la journ&#233;e, avec une 4 l et une ci bi, et puis les urgences attendaient qu&#8217;on rentre. Si vraiment c&#8217;&#233;tait gravissime, le chef envoyait le vaguemestre, mais vu la taille du chantier, il mettait autant de temps &#224; nous trouver que nous &#224; rentrer, alors t&#8217;imagine bien qu&#8217;on l&#8217;a pas vu souvent, le gazier&#8221;. Daniel, le dernier de ces Mohicans, qui a fait &#233;quipe avec moi avant de rejoindre le FC Retraite, de surench&#233;rir &#8220;de toute fa&#231;on, je regarde pas les mails. Si c&#8217;est important, ils ont qu&#8217;&#224; m&#8217;appeler&#8221;. Et moi de prier pour &#234;tre en copie de tout histoire de ne pas laisser passer des pixels clignotants sur un &#233;cran qui am&#232;neraient un probl&#232;me important que le client n&#8217;aurait pas jug&#233; n&#233;cessaire de doubler par un coup de fil.</span></p><p><span>Le monde avait d&#233;j&#224; chang&#233; entre l&#8217;&#233;poque D&#233;d&#233;, et le bureau que Daniel m&#8217;a laiss&#233; en partant. J&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;il a encore &#233;volu&#233; jusqu&#8217;&#224; aujourd&#8217;hui. J&#8217;ai un smartphone qui me permet de consulter les pixels partout o&#249; je vais. D&#8217;ailleurs, je ne vais plus nulle part parce qu&#8217;on peut tout faire en visio. Et pendant que je suis en visio, les pixels continuent &#224; s&#8217;accumuler, comme une partie de t&#233;tris qui ne se termine jamais. Tout va de plus en plus vite, et en plus on n&#8217;a plus de machine &#224; timbrer.</span></p><p><span>Voil&#224; ce qui s&#8217;est jou&#233; dans ma t&#234;te entre un bol de pop corn et un fauteuil rouge. L&#8217;absurdit&#233; totale de nos mondes actuels. Moi aussi je voudrais pouvoir partir une journ&#233;e en balade dans mon monde professionnel, sans me soucier de ce qui m&#8217;attend au bureau. Je voudrais avoir le temps de traiter mes sujets et le luxe d&#8217;un vaguemestre qui me chercherait en vain pendant que je me cache dans mon ch&#226;teau en couverture.</span></p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/toy-story-5-dede-et-la-machine-a/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/toy-story-5-dede-et-la-machine-a/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/toy-story-5-dede-et-la-machine-a?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/toy-story-5-dede-et-la-machine-a?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Ranger la peur dans le dressing]]></title><description><![CDATA[Parce qu'il y a d&#233;j&#224; un Stephen King au congel]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/ranger-la-peur-dans-le-dressing</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/ranger-la-peur-dans-le-dressing</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 17 Jun 2026 05:01:17 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/2d5c2e4a-1f63-41b4-8c92-71758fabdd70_1536x1024.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque j&#8217;ai remis le nez au bureau apr&#232;s le confinement de 2020, j&#8217;ai &#233;cout&#233; mes coll&#232;gues me raconter qu&#8217;ils se sont retrouv&#233;s avec leur conjoint(e), qu&#8217;ils ont v&#233;cu une seconde lune de miel et qu&#8217;ils paieraient cher pour que le gouvernement les renvoie de nouveau chez eux.</p><p>J&#8217;avais le c&#339;ur bris&#233; et des cartons scotch&#233;s.</p><p>J&#8217;ai &#233;court&#233; les conversations.</p><p>En 2020, j&#8217;ai emm&#233;nag&#233; seule pour la premi&#232;re fois. Je ne compte pas mes ann&#233;es d&#8217;&#233;tudiante : la maison des &#233;l&#232;ves de mon &#233;cole, vaste pin&#232;de de quelques hectares, c&#8217;&#233;tait comme une giga colocation de 300 personnes. Quiconque avait besoin d&#8217;un tournevis &#224; deux heures du matin envoyait un mail &#224; la collectivit&#233; et &#233;tait s&#251;r de trouver l&#8217;outil et la personne capable de s&#8217;en servir. &#192; trente et un ans, j&#8217;ai d&#251; trouver un appart et un nouveau canap&#233;.</p><p>Show must go on. En plus du rythme de la garde altern&#233;e, il fallait jongler avec les lubies du gouvernement. Couvre feu &#224; 18 heures Plus de couvre-feu mais port du masque obligatoire &#224; la cantoche. Couvre feu &#224; 18 heures sauf pour aller bosser. Pas de couvre-feu mais aucun bar ouvert. Des bars ouverts mais pas de d&#233;placement &#224; plus de 10 km de chez soi. Je ne sais pas ce que vous en avez pens&#233;, personnellement j&#8217;ai eu l&#8217;impression de traverser l&#8217;apr&#232;s confinement comme une perp&#233;tuelle &#233;preuve de Koh Lanta, avec Macron qui venait nous dire r&#233;guli&#232;rement &#8220;attention, nouvelle r&#232;gle !&#8221;</p><p>Quand la vie normale a pu reprendre, le sentiment qui dominait chez moi c&#8217;&#233;tait surtout la peur. Quel est ce bruit au fond du couloir pendant la nuit ? Est-ce que j&#8217;ai pass&#233; la date du contr&#244;le technique de la voiture ? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;il se passera si je perds mon boulot ?</p><p>Les premi&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; tr&#232;s inconfortables. Mais petit &#224; petit, j&#8217;ai repris le dessus. D&#233;m&#233;nager une premi&#232;re fois dans un logement plus confortable que celui que j&#8217;avais pris en urgence. Postuler dans cette bo&#238;te qui me faisait envie depuis des ann&#233;es, et y &#234;tre embauch&#233;e. Larguer ce mec qui ne m&#8217;apportait rien. Rencontrer un homme incroyable. Et enfin, acheter un appart.</p><p>Ce que j&#8217;ai aim&#233; dans cette histoire d&#8217;achat, c&#8217;est que de mon c&#244;t&#233;, et sans le vouloir, j&#8217;avais une &#233;quipe 100 % f&#233;minine. Une agent immobilier. Une banqui&#232;re. Une notaire. Trois femmes incroyables qui connaissent leur taf sur le bout des doigts et qui m&#8217;ont chacune &#224; leur fa&#231;on fait comprendre que j&#8217;&#233;tais une des leurs. Une nana qui s&#8217;en sort. Et qui a &#233;t&#233; bien contente d&#8217;ajouter une quatri&#232;me &#224; leur &#233;quipe de totally spies quand l&#8217;&#233;lectricien (au masculin) a commenc&#233; &#224; chier dans la colle.</p><p>Ainsi, apr&#232;s avoir fait &#8220;quelques travaux&#8221;, parce que j&#8217;assume pas de dire que j&#8217;ai fait tout refaire, j&#8217;ai remis mes affaires dans des cartons pour la troisi&#232;me fois en cinq ans et je les ai d&#233;pos&#233;s sur le parquet fra&#238;chement pos&#233;. Mais la peur &#233;tait toujours l&#224;. Celle qui me fait h&#233;siter &#224; repeindre mes toilettes parce que je flippe de me tromper de couleur encore une fois. Qui me fait repousser la pose des plinthes. Qui fait que mes luminaires sont des fils qui tombent du plafond et des douilles de chantier.</p><p>La semaine derni&#232;re, j&#8217;ai regard&#233; ma cuisine. Cette pi&#232;ce incroyable qui part de si loin. J&#8217;ai repens&#233; aux vieux meubles en placages ch&#234;ne que j&#8217;ai mis &#224; la benne, au carrelage marron que j&#8217;ai fait recouvrir d&#8217;un carrelage gris, aux murs que mon mec a peint d&#8217;un brun roux si beau, qui fait ressortir des reflets roses des fa&#231;ades que la conceptrice du cuisiniste m&#8217;a aid&#233;e &#224; choisir. Et les trois douilles de chantier qui pendouillent du plafond.</p><p>Ce soir-l&#224;, j&#8217;ai d&#233;cid&#233; que j&#8217;allais ranger la peur quelques heures dans mon dressing. Elle aura le droit de revenir plus tard mais j&#8217;avais besoin de terminer cette pi&#232;ce. Le lendemain matin, c&#8217;&#233;tait un dimanche. Je me suis retrouv&#233;e dans un magasin de bricolage, en compagnie de l&#8217;ensemble des darons du d&#233;partement qui n&#8217;avaient pas de pelouse &#224; tondre. Bien s&#251;r que le vendeur m&#8217;a pris un peu de haut quand je lui ai dit que je n&#8217;avais jamais perc&#233; un trou de ma vie. Apparemment, il y a des pr&#233;requis avant d&#8217;adresser la parole au monsieur de chez Casto. Il a fait une exception &#224; cette r&#232;gle &#233;crite nulle part et il m&#8217;a patiemment remorqu&#233;e dans tous les rayons n&#233;cessaires en me donnant des tas de conseils. Pendant qu&#8217;il m&#8217;expliquait, j&#8217;ai vu des oreilles pleines de poils se tendre, l&#8217;air de rien. Des bo&#238;tes de crochets ont &#233;t&#233; repos&#233;es subrepticement. La r&#233;f&#233;rence d&#8217;une vis a &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;e une fois que nous avons eu le dos tourn&#233;. L&#8217;autorit&#233; naturelle du monsieur de Casto avait fait son effet.</p><p>Je suis rentr&#233;e chez moi et j&#8217;ai mont&#233; mes trois luminaires en deux coups de cuill&#232;re &#224; pot et un demi-tuto YouTube.</p><p>La peur est toujours rang&#233;e dans le dressing, je sais qu&#8217;elle finira bien par ressortir. Au final, la seule vraie diff&#233;rence entre moi et les darons de chez Casto, c&#8217;est qu&#8217;ils ont plus d&#8217;outils dans leurs garages. Ils ont peur depuis plus longtemps.</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/ranger-la-peur-dans-le-dressing?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/ranger-la-peur-dans-le-dressing?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/ranger-la-peur-dans-le-dressing/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/ranger-la-peur-dans-le-dressing/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Trucs en vrac]]></title><description><![CDATA[Mai m'a roul&#233; dessus mais j'ai une deadline &#224; honorer.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/trucs-en-vrac</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/trucs-en-vrac</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 03 Jun 2026 05:01:46 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/cfa0d31d-adc2-48e5-8125-ba699f047bbb_1731x909.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>En mai, fait ce qu&#8217;il te pla&#238;t.</p><p>Enfin, si tu en as encore l&#8217;&#233;nergie. Je sais pas comment &#231;a a &#233;t&#233; pour vous, mais j&#8217;ai l&#8217;impression que le mois de mai c&#8217;&#233;tait un 38 tonnes en surcharge qui m&#8217;a all&#232;grement roul&#233; dessus pour repasser en marche arri&#232;re et repasser en marche avant de s&#8217;enfuir. La faute &#224; de grosses &#233;ch&#233;ances au taf mais aussi &#224; ma facilit&#233; &#224; dire oui &#224; tout plein de projets en dehors du boulot en me disant que je trouverai bien un moyen d&#8217;y arriver.</p><p>Ce qui est tout &#224; fait juste, je trouve toujours un moyen d&#8217;y arriver. Souvent au prix d&#8217;une fatigue incommensurable, de quelques bonnes crises de larmes et de grands &#8220;mais je vais jamais tenir, R&#233;gis avait raison, de toute fa&#231;on je suis pas fiable&#8221;. Le tout pour apr&#232;s me relever et terminer parce qu&#8217;il est pas question que je laisse une seule fois ce gros con de R&#233;gis avoir raison. On reparlera de R&#233;gis un jour.</p><p>Mais dis donc Sophie, qu&#8217;as-tu accept&#233; de faire en mai ? Pourquoi as-tu l&#8217;impression d&#8217;&#234;tre ce crapaud &#233;cras&#233; quelque part sur la nationale 7 entre Namur et Dijon ? Et d&#233;j&#224;, est ce que la nationale 7 passe entre Namur et Dijon ?</p><p>Tant de questions, si peu de r&#233;ponses.</p><p>D&#233;j&#224; en mai, j&#8217;ai continu&#233; &#224; ne pas fumer. Ou presque pas, j&#8217;ai tir&#233; deux clopes &#224; une coll&#232;gue, ce qui porte ma consommation &#224; un total de 4 depuis la fin du mois d&#8217;avril. Une r&#233;solution en suivant une autre, j&#8217;ai continu&#233; ma liste de sevrage en installant une appli qui me coupe l&#8217;acc&#232;s &#224; Insta et Chrome sur mon t&#233;l&#233;phone entre 9h et 18h. Cette d&#233;cision d&#233;coule directement de ma lecture du bouquin de Fabien Olicard sur l&#8217;arr&#234;t de la clope. Il a une approche tr&#232;s d&#233;culpabilisante que j&#8217;aime beaucoup et tout un passage traite de la question de la volont&#233;. Et la volont&#233;, c&#8217;est pas un truc qu&#8217;on a en illimit&#233;. C&#8217;est fluctuant avec le niveau d&#8217;&#233;nergie, d&#8217;&#233;nervement, de joie, de mal-&#234;tre. C&#8217;est plus facile de faire preuve de volont&#233; au r&#233;veil qu&#8217;&#224; 16h30, apr&#232;s une r&#233;union avec Josiane de la compta &#224; qui il est impossible d&#8217;expliquer qu&#8217;on peut pas facturer le dossier Berthier vu que le client n&#8217;a pas encore valid&#233; le devis. Donc j&#8217;ai d&#233;cid&#233; de traiter mon sevrage des r&#233;seaux sociaux comme un arr&#234;t de la clope : en coupant l&#8217;acc&#232;s. Je n&#8217;ai pas rachet&#233; de paquet pour ne pas avoir &#224; r&#233;sister. Je me coupe l&#8217;acc&#232;s &#224; mon t&#233;l&#233;phone pour que ce ne soit plus une question de choix. L&#8217;option n&#8217;existe plus. Et &#224; la non surprise g&#233;n&#233;rale, je suis vachement plus efficace.</p><p>J&#8217;ai eu une accr&#233;ditation pro pour le Festival de Cannes et c&#8217;&#233;tait pas dans mon bingo 2026. J&#8217;ai &#233;t&#233; jury pour une r&#233;sidence d&#8217;&#233;criture de sc&#233;nario et l&#8217;annonce des laur&#233;ats &#233;tait au Festival, un dimanche &#224; l&#8217;heure o&#249; les festivaliers d&#233;cuvent encore de la soir&#233;e de la veille. Que m&#8217;importe, j&#8217;ai fendu la foule &#224; la recherche du pavillon o&#249; j&#8217;avais rendez-vous. J&#8217;ai obtenu un badge accroch&#233; &#224; un cordon Festival de Cannes avec lequel je veux &#234;tre enterr&#233;e. J&#8217;ai pu discuter avec des gens trop cool que je connaissais d&#233;j&#224; (coucou Sophie !) et rencontrer des gens trop cool qui m&#8217;ont remorqu&#233;e tout l&#8217;apr&#232;m. Mon accred (ouais, parce qu&#8217;on dit pas &#8220;accr&#233;ditation&#8221;, personne n&#8217;a le temps pour &#231;a, c&#8217;est le showbiz tu comprends) me permettant d&#8217;aller au march&#233; du film, eh bien j&#8217;en ai profit&#233; pour descendre dans les tr&#233;fonds du bien connu Palais des Festivals pour voir &#231;a. Honn&#234;tement, c&#8217;&#233;tait absolument nul. Au march&#233; du film, personne ne vous attend avec des DVD dans une cagette en bois, personne ne vous propose un lot de 3 films pour le prix de 2 parce qu&#8217;il est bient&#244;t 13h et qu&#8217;on remballe. Un dimanche &#224; 15h, le march&#233; du film c&#8217;est surtout des corner vides tapiss&#233;s d&#8217;affiches de films qu&#8217;on ne verra jamais et remplis d&#8217;&#233;crans qui diffusent des bandes annonces. C&#8217;&#233;tait glauque comme un dimanche de novembre, et c&#8217;&#233;tait exactement ce que j&#8217;attendais. Mais, de vous &#224; moi, je r&#234;ve d&#8217;un jour pouvoir dire que je sc&#233;narise des longs m&#233;trage et que c&#8217;est gr&#226;ce &#224; &#231;a que mon banquier peut nourrir ses enfants, alors voir de mes propres yeux que le march&#233; du film existe et qu&#8217;il y a de vrais &#234;tres humains derri&#232;re, &#231;a m&#8217;a fait du bien. Ensuite, je suis rentr&#233;e chez moi dans mon v&#233;hicule &#224; plusieurs dizaines de milliers d&#8217;euros. Ainsi qu&#8217;avec la moiti&#233; de Cannes la Bocca qui descendait &#224; mon arr&#234;t.</p><p>Pour cette fameuse r&#233;sidence d&#8217;&#233;criture, il y avait 140 candidats. Ca a commenc&#233; gentiment avec 14 dossiers &#224; lire en avril. Ce que j&#8217;ai absolument pas vu venir, c&#8217;est que la conclusion de la r&#233;union de debrief  du premier &#233;cr&#233;mage, d&#233;but mai, a &#233;t&#233; : &#8220;merci de votre participation, maintenant vous avez vingt dossiers &#224; lire, on se revoit dans dix jours.&#8221; J&#8217;avais d&#233;cid&#233; d&#8217;&#234;tre strat&#232;ge et de commencer par le bas de la pile : le premier sera lu par tout le monde, il y aura assez pour d&#233;battre. Mon attention s&#8217;est amenuis&#233;e au fur et &#224; mesure que je remontais la pile tel un vaillant saumon. C&#8217;est ainsi que le jour J, je les ai entendus s&#8217;enthousiasmer pour un dossier qui ne me disait absolument rien et pour lequel mes notes disaient simplement &#8220;Piti&#233;, pas &#231;a&#8221;. Ce qui m&#8217;a donc permis de proc&#233;der &#224; ma meilleure imitation du chien sur la plage arri&#232;re. Sachez que je pr&#233;pare actuellement une VAE &#8220;hocher fr&#233;n&#233;tiquement la t&#234;te derri&#232;re sa webcam pour ne pas montrer que je ne sais pas de quoi on parle mais assez fr&#233;n&#233;tiquement pour quelqu&#8217;un s&#8217;avise de me demander mon avis&#8221;. Je vous le dis, je suis pr&#234;te pour Cannes : sc&#233;nariste, actrice et toutes les qualit&#233;s d&#8217;une charg&#233;e de production.</p><p>A part &#231;a, les travaux de l&#8217;appart ont repris, j&#8217;ai d&#233;clench&#233; la derni&#232;re tranche, celle de la salle de bain. Trois semaines &#224; garder l&#8217;appart en bon &#233;tat pour pas me faire juger par l&#8217;artisan venu tout p&#233;ter et faire une douche, &#231;a veut aussi dire planquer la vaisselle du petit dej dans le frigo parce que le lave vaisselle est plein. J&#8217;ai pass&#233; un temps du diable sur une correction de manuscrit, qui devrait financer l&#8217;achat d&#8217;un fauteuil de bureau correct. On s&#8217;est inscrits sur postcrossing avec l&#8217;enfant et on a commenc&#233; &#224; envoyer des cartes postales &#224; l&#8217;autre bout du monde. J&#8217;ai fait des devis pour l&#8217;am&#233;nagement de cette salle de bain et d&#233;couvert que j&#8217;ai enfant&#233; le gosse le plus blas&#233; de l&#8217;hexagone puisqu&#8217;il a sugg&#233;r&#233; une d&#233;coration beige. A 10 ans, il a l&#8217;enthousiasme d&#8217;Alain Jupp&#233;. J&#8217;ai continu&#233; les deux coachings d&#8217;&#233;criture que j&#8217;ai en cours et c&#8217;est un plaisir de lire ce que je re&#231;ois. J&#8217;ai continu&#233; &#224; faire du sport une fois par semaine pour ne pas niquer ma s&#233;rie d&#8217;activit&#233;s sur Strava. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; poser les bases s&#233;rieuses de mon second roman et je me suis demand&#233;e si j&#8217;allais pas &#233;crire le troisi&#232;me en parall&#232;le. Je crois que c&#8217;est l&#224; que je me suis aper&#231;ue que j&#8217;ai une notion tr&#232;s approximative de ce qui est humainement faisable sans devenir fou.</p><p>Bref, le mois de juin est enfin arriv&#233;, et j&#8217;ai un mouvement de recul d&#232;s que je vois un 38 tonnes.</p><p>Bisous.</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/trucs-en-vrac?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/trucs-en-vrac?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/trucs-en-vrac/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/trucs-en-vrac/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Quitter une relation toxique ]]></title><description><![CDATA[ou comment arr&#234;ter de fumer quand on ne sait plus pourquoi on a commenc&#233;]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/quitter-une-relation-toxique</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/quitter-une-relation-toxique</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 20 May 2026 05:01:49 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/bd74f44a-4a9b-489e-b9ee-9045391e141d_1731x909.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai commenc&#233; &#224; fumer en f&#233;vrier 2017.</p><p>Je sortais d&#8217;une r&#233;union compliqu&#233;e, je sentais la crise d&#8217;angoisse monter et, dans ce travail, je n&#8217;avais pas d&#8217;alli&#233;s. Il n&#8217;y avait aucun bureau ami dans lequel me r&#233;fugier et, &#233;ventuellement, fondre en larmes une bonne fois pour toutes en bitchant sur la flop&#233;e d&#8217;abrutis qui&#8230; Qui quoi, au juste ? Neuf ans plus tard, je ne m&#8217;en souviens m&#234;me plus.</p><p>Je ne me suis jamais vraiment &#233;mancip&#233;e de l&#8217;&#233;cole primaire : quand je suis au travail, je reste dans le b&#226;timent. C&#8217;est la loi. Ce coll&#232;gue qui m&#8217;avait dit qu&#8217;il g&#233;rait la pression en partant parfois faire un tour dans le quartier en laissant son t&#233;l&#233;phone professionnel sur son bureau &#233;tait imm&#233;diatement devenu &#224; mes yeux un dangereux punk qu&#8217;il faudrait peut-&#234;tre d&#233;noncer aux RH. Un collaborateur qui fait respecter ses limites personnelles ? Mais o&#249; va-t-on ?</p><p>Ce jour-l&#224;, pour une raison qui m&#8217;&#233;chappe, j&#8217;&#233;tais sortie du b&#226;timent. Le PMU d&#8217;&#224; c&#244;t&#233; me tendait les bras : la seule chose qui me permettrait de me remonter le moral, ce serait une bonne vieille cibiche. Comme je suis quelqu&#8217;un de raisonnable, j&#8217;avais pris un paquet de Vogue. Apr&#232;s tout, ce sont des demi-cigarettes, &#231;a ne compte pas vraiment, non ?</p><p>J&#8217;ai d&#251; tousser un peu mais pas tant que &#231;a. Quand j&#8217;ai eu termin&#233; le premier paquet, j&#8217;en ai achet&#233; un deuxi&#232;me. Puis un troisi&#232;me. C&#8217;&#233;tait facile, le buraliste &#233;tait &#224; c&#244;t&#233;. Il y avait quelques contraintes &#224; respecter comme ne pas fumer &#224; la maison parce que mon conjoint &#233;tait contre et que je ne voulais de toute fa&#231;on pas que mon fils me voit.</p><p>Petit &#224; petit, j&#8217;ai pris des r&#233;flexes. La cigarette avec le premier caf&#233; en arrivant au taf, &#224; 7 h 30. Se lever en d&#233;crochant le t&#233;l&#233;phone pour aller en griller une sur le parking pendant l&#8217;&#233;change. Voire deux ou trois, si la conversation s&#8217;&#233;ternise. Ne pas avoir le temps d&#8217;aller acheter &#224; manger parce que la charge de travail ne diminue jamais mais s&#8217;apercevoir que la nicotine permet de tenir. Arriver quelques minutes avant chaque rendez-vous pour avoir le temps de se r&#233;oxyg&#233;ner. S&#8217;appuyer sur cette petite b&#233;quille de quelques centim&#232;tres pour se donner une contenance.</p><p>Je ne sais plus pourquoi j&#8217;ai commenc&#233;. J&#8217;ai quitt&#233; ce job en 2019. J&#8217;ai effac&#233; du cache la quasi-totalit&#233; des noms de mes collaborateurs. J&#8217;ai chang&#233; de nouveau de job en 2021. Toutes ces ann&#233;es, j&#8217;avais toujours un paquet de cigarette dans mon sac &#224; main, la braise faisant office de fil rouge.</p><p>Je pense que j&#8217;ai d&#251; tenter d&#8217;arr&#234;ter de fumer deux &#224; trois fois par an &#224; partir de la pand&#233;mie. Cela fonctionnait trois jours ou trois mois, toujours &#231;a de pris. Quand on veut, on peut rechuter : une p&#233;riode pro charg&#233;e &#233;motionnellement, un s&#233;minaire o&#249; je ne connais personne et o&#249; je pourrais cacher mon m&#232;tre soixante-quinze derri&#232;re un b&#226;tonnet blanc et moutarde ou un ap&#233;ro impromptu. Apr&#232;s tout, c&#8217;est moins calorique que les cacahu&#232;tes et &#231;a accompagne bien mieux une pinte.</p><p>Derni&#232;rement, j&#8217;ai lu une petite phrase sur Instagram. Cela disait &#8220;si &#231;a n&#8217;aura plus d&#8217;importance dans cinq ans, alors il ne faut pas en faire tout un monde.&#8221; Je ne m&#8217;attendais pas &#224; ce que cette phrase tr&#232;s bateau de d&#233;veloppement personnel fasse &#224; ce point mouche dans mon esprit. Parce que, voyez-vous, ma grande sp&#233;cialit&#233;, c&#8217;est de me rendre malade de stress pour tout et n&#8217;importe quoi. Par exemple, je n&#8217;ai plus aucune id&#233;e de ce qui m&#8217;angoissait au printemps 2021 mais c&#8217;&#233;tait si fort que j&#8217;en avais refait mon CV, pour atterrir dans mon job actuel. Est-ce que c&#8217;&#233;tait si terrible ? Oui, &#231;a devait l&#8217;&#234;tre &#224; l&#8217;&#233;poque. Est-ce que vu de maintenant c&#8217;est tout &#224; fait insignifiant ? Tout &#224; fait. Est-ce que j&#8217;ai commenc&#233; &#224; prendre une habitude toxique et co&#251;teuse pour un probl&#232;me qui &#233;tait une montagne &#224; l&#8217;instant t et dont je n&#8217;ai aucun souvenir aujourd&#8217;hui ? Voil&#224; voil&#224; voil&#224;.</p><p>C&#8217;&#233;tait le premier pas de mon cheminement int&#233;rieur pour ce dernier arr&#234;t de la clope.</p><p>J&#8217;ai demand&#233; &#224; google pourquoi fumer me d&#233;tendait. La r&#233;ponse m&#8217;a fait tomber de l&#8217;armoire. Vous le saviez, vous, que la nicotine &#231;a ne d&#233;tend pas du tout ? Elle aurait plut&#244;t un effet excitant, comme le caf&#233;. Alors, pourquoi est ce que je me sens relax&#233;e quand j&#8217;ai &#233;cras&#233; mon m&#233;got dans le cendrier ? Parce que : la respiration. Tout simplement. Le truc qui me calmait quand j&#8217;allais fumer c&#8217;&#233;tait de quitter mon poste de travail, de mettre le truc anxiog&#232;ne un peu loin de moi l&#8217;espace de cinq &#224; dix minutes et de faire de la respiration. Inspirer. Bloquer. Expirer. Une technique ma foi ancestrale qui est gratuite et qui ne file pas le cancer. Enfin si, un peu quand m&#234;me, je vous rappelle que les microparticules sont partout, mais on s&#8217;&#233;loigne.</p><p>Le jour o&#249; ce texte sera publi&#233;, cela fera 47 jours que j&#8217;ai arr&#234;t&#233;. Quand un mail me tend un peu trop ou qu&#8217;une r&#233;union m&#8217;a tap&#233; sur le ciboulot, je fais comme avant : je me l&#232;ve et je vais sur la terrasse. Inspirer. Bloquer. Expirer. Et cette fois-ci, c&#8217;&#233;tait pas si dur. Je crois que c&#8217;est ce qui m&#8217;&#233;tonne le plus. Les fois pr&#233;c&#233;dentes, chaque mail re&#231;u me hurlait &#8220;va fumer&#8221;, chaque sonnerie du t&#233;l&#233;phone me susurrait &#8220;on va aller faire &#231;a dehors, comme d&#8217;habitude&#8221;. C&#8217;est comme si mon cerveau avait d&#233;branch&#233; une connexion install&#233;e depuis bient&#244;t dix ans. Comme si mon mauvais caract&#232;re avait pris le relais pour boucher les connexions synaptiques &#224; chaque pens&#233;e du cow-boy Marlboro.</p><p>Inspirer.</p><p>Bloquer.</p><p>Expirer.</p><p>Sans aide. Et quand la pens&#233;e fugace d&#8217;aller sur la terrasse me prend, je vais me faire une tasse d&#8217;eau chaude.</p><p>Parce qu&#8217;apparemment, je suis devenue cette personne qui boit de l&#8217;eau chaude, r&#233;duit sa consommation d&#8217;alcool et arr&#234;te de fumer. Presque une clean girl, finalement.</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/quitter-une-relation-toxique?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/quitter-une-relation-toxique?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/quitter-une-relation-toxique/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/quitter-une-relation-toxique/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter ! si tu as arr&#234;t&#233; de fumer et que tout ton entourage est encore en vie, viens nous en parler en commentaire.</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Pourquoi continuer à écrire ? ]]></title><description><![CDATA[Ou le syndrome de la salle vide.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/pourquoi-continuer-a-ecire</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/pourquoi-continuer-a-ecire</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 06 May 2026 05:02:04 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/62c65920-e201-4d14-b401-ee25c3b9c199_1731x909.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>On est dimanche, il est 21 heures.</p><p>Le gosse s&#8217;est endormi comme une b&#251;che : on a pass&#233; la journ&#233;e dehors, on a rep&#233;r&#233; quelques mus&#233;es qu&#8217;on ne connaissait pas et qu&#8217;on s&#8217;est promis d&#8217;aller visiter bient&#244;t.</p><p>Je suis rinc&#233;e, j&#8217;ai les jambes lourdes mais j&#8217;ignore l&#8217;appel du canap&#233;. J&#8217;ignore &#233;galement ma liseuse. J&#8217;ai commenc&#233; un bouquin int&#233;ressant que je voudrais d&#233;vorer d&#8217;une traite mais je m&#8217;oblige &#224; le lire par petits morceaux. Il para&#238;t que la mode est &#224; la slow life.</p><p>On est dimanche, il est 21 heures et je viens de me glisser sous la couette avec mon PC. Le programme de la soir&#233;e est simple : 1 h 30 pour finaliser un contenu pour insta et pour d&#233;buter le substack de mercredi. Je vais y passer ma soir&#233;e m&#234;me si ce qu&#8217;on appelle les &#8220;m&#233;triques&#8221; ne sont pas tr&#232;s bons. Je n&#8217;ai pas beaucoup d&#8217;abonn&#233;s, je ne parviendrai probablement jamais &#224; &#8220;scale mon business&#8221; ou &#224; &#8220;faire un CA &#224; 6 chiffres en 90 jours !&#8221;.</p><p>Les chiffres me disent que &#231;a ne sert &#224; rien de continuer.</p><p>J&#8217;ai toujours &#233;crit, m&#234;me dans les moments les plus difficiles. Il y a eu des pauses, bien s&#251;r, parce que la vie nous rattrape toujours. N&#233;anmoins, qui sait o&#249; je serai si j&#8217;avais totalement mis &#231;a de c&#244;t&#233; ?</p><p>Je me suis &#233;vad&#233;e de la pire p&#233;riode de ma vie en &#233;crivant mon premier roman (<a href="https://www.amazon.fr/Jour-Match-Sophie-Fr%C3%A9javille/dp/2959534506">dispo ici</a>). Un roman dans lequel j&#8217;ai mis toute la lumi&#232;re qui me restait et qui me vaut l&#8217;honorable top 3 d&#8217;un petit prix litt&#233;raire ainsi que les compliments de chaque rugbyman qui l&#8217;a lu. Pourtant, il n&#8217;y a qu&#8217;une cinquantaine d&#8217;exemplaires qui circulent. Malgr&#233; tout, j&#8217;ai commenc&#233; &#224; pitcher un second roman, qui sera de nouveau un roman ado : c&#8217;est ce qui me vient le plus naturellement.</p><p>J&#8217;aurais aim&#233; &#234;tre cette beaut&#233; un peu froide sp&#233;cialiste du thriller, qui distille une atmosph&#232;re d&#8217;effroi avec autant de pr&#233;cision que Johnny Walker distille son whisky, mais &#231;a ne sera jamais mon cr&#233;neau. Ce qui me ressemble, ce sont les ados qui se cherchent, qui trouvent sur le chemin d&#8217;autres ados qui se cherchent aussi et qui s&#8217;&#233;paulent pour acc&#233;der au bout du tunnel. On parle de ce qu&#8217;on conna&#238;t, il para&#238;t.</p><p>Sauf qu&#8217;&#233;crire un roman, c&#8217;est long. J&#8217;ai mis cinq ans entre les premiers mots jet&#233;s &#224; l&#8217;arri&#232;re d&#8217;un compte rendu de r&#233;union, assise dans un mac do, un jeudi pluvieux de novembre 2019 et la sortie en auto&#233;dition.</p><p>C&#8217;est solitaire aussi, pour ma part. J&#8217;&#233;cris chez moi, seule. L&#8217;exercice du roman revient &#224; d&#233;clamer un texte sur la sc&#232;ne d&#8217;un th&#233;&#226;tre en ne sachant pas s&#8217;il y aura un jour quelqu&#8217;un dans la salle. De vous &#224; moi, je ne sais pas ce qui est le plus terrifiant. Est-ce qu&#8217;on pr&#233;f&#232;re que la salle soit inexorablement vide ou qu&#8217;elle soit remplie en sachant que des gens vont lire et que statistiquement, il y en aura qui vont d&#233;tester ? Le moins possible on l&#8217;esp&#232;re mais tout de m&#234;me, il y a des gens qui d&#233;testent Dosto&#239;evski. Dont moi.</p><p>Je n&#8217;ai pas la r&#233;putation d&#8217;&#234;tre quelqu&#8217;un de sociable mais m&#234;me les ours ont besoin de se retrouver en communaut&#233; de temps en temps. Regardez Winnie l&#8217;ourson : d&#8217;accord il vit en tee-shirt et sans slip, ce qui est un choix discutable, mais il s&#8217;entoure de sa communaut&#233;. Certes, la communaut&#233; est constitu&#233;e d&#8217;un &#226;ne d&#233;pressif, d&#8217;un cochon anxieux et d&#8217;un tigre hyperactif, mais je suppose qu&#8217;on a les potes qu&#8217;on m&#233;rite.</p><p>C&#8217;est pour cela que j&#8217;ai d&#233;marr&#233; ce substack, il y a quelques mois. Pour arr&#234;ter de crier dans une salle vide et poser quelque part ce qui tourne dans ma t&#234;te. M&#234;me si le temps que je passe &#224; &#233;crire ici reste du temps que je ne peux pas consacrer &#224; autre chose, cela m&#8217;oblige &#224; entra&#238;ner mon muscle d&#8217;&#233;criture mais surtout &#231;a me permet de mener un petit projet de A &#224; Z une fois tous les quinze jours. On trouve l&#8217;id&#233;e, on l&#8217;&#233;crit, on la corrige et on la poste sans un regard en arri&#232;re. Et parfois, quelqu&#8217;un r&#233;agit et on a l&#8217;impression qu&#8217;un petit strapontin tout au fond a trouv&#233; preneur.</p><p>Voil&#224; pourquoi j&#8217;&#233;cris. Pour discuter avec les strapontins du fond.</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/pourquoi-continuer-a-ecire?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/pourquoi-continuer-a-ecire?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/pourquoi-continuer-a-ecire/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/pourquoi-continuer-a-ecire/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Et pour m&#8217;&#233;viter le syndrome de la salle vide, h&#233;site pas &#224; liker ou &#224; commenter !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[J'ai failli courir le marathon de Paris]]></title><description><![CDATA[C'est pas pass&#233; loin.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/jai-failli-courir-le-marathon-de</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/jai-failli-courir-le-marathon-de</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 22 Apr 2026 05:01:51 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/2912ef0f-7397-4f61-a56a-394e7fc98c59_1731x909.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>En avril 2026, j&#8217;ai failli courir le marathon de Paris.</p><p>Il ne me manquait pas grand-chose : de l&#8217;entra&#238;nement, de la motivation et un dossard. Mon insta et mon twitter sont eux persuad&#233;s que cela faisait partie de mon bingo 2026 : ils ont pass&#233; les jours pr&#233;c&#233;dents &#224; me montrer des vid&#233;os inspirantes de personnes qui y allaient et la journ&#233;e du D-Day &#224; me fournir les meilleures stats des grands champions.</p><p>Cela m&#8217;a pas mal interrog&#233;e. Quand est-ce que le monde entier s&#8217;est mis &#224; courir ? Plus personne ne fait du sport dans une asso ? J&#8217;ai consult&#233; les derni&#232;res statistiques sur le sujet et effectivement, le credoc nous indique un net recul de la pratique sportive en association, avec moins 4 points entre 2018 et 2025 (24 % contre 20 %) et une augmentation des licenci&#233;s &#224; la sacro-sainte salle de sport en hausse (8 % en 2018 contre 11 % en 2025). Ce n&#8217;&#233;tait donc pas dans ma t&#234;te.</p><p>Termin&#233;s les entra&#238;nements de foot du mardi &#224; 18 h 30 et les &#233;chauffements avec les copains de l&#8217;a&#239;kido le jeudi &#224; 20 heures. Finies les discussions sur le parking en sortant du basket. Adios, l&#8217;ap&#233;ro de No&#235;l avec les potes du badminton. D&#233;sormais, c&#8217;est chacun pour soi et tout le monde avec ses &#233;couteurs pour soulever des poids ou courir le plus loin.</p><p>Et le pire c&#8217;est que je comprends : le sport c&#8217;est une contrainte de plus que nous n&#8217;avons pas tous le loisir d&#8217;int&#233;grer dans nos vies. Par exemple, je voudrais pouvoir recommencer le volley-ball. C&#8217;&#233;tait mon sport quand j&#8217;&#233;tais au lyc&#233;e et j&#8217;adorais &#231;a. Mon m&#232;tre soixante-quinze me donnait un avantage concurrentiel pour monter au filet et j&#8217;ai d&#233;velopp&#233; un service pas tr&#232;s conventionnel mais particuli&#232;rement vicieux, qui passe si pr&#232;s du filet que la plupart des &#233;quipes adverses se rel&#226;chent, persuad&#233;s que la balle n&#8217;arrivera pas jusqu&#8217;&#224; leur camp. Toujours jouissif de voir mon lancer s&#8217;&#233;craser entre deux joueurs tellement surpris qu&#8217;ils n&#8217;ont pas le r&#233;flexe de tendre la main pour un sauvetage.</p><p>Est-ce que vous savez quand les v&#233;t&#233;rans s&#8217;entra&#238;nent dans ma ville ? Oui, cessez d&#8217;&#234;tre aussi d&#233;sagr&#233;ables, on sait tous qu&#8217;&#224; 38 ans on n&#8217;est plus tout &#224; fait un perdreau de l&#8217;ann&#233;e et qu&#8217;on concourt d&#233;sormais au glorieux titre de v&#233;t&#233;ran. Bref, dans ma ville, les v&#233;t&#233;rans s&#8217;entra&#238;nent le jeudi soir &#224; 20 heures. Sauf que ma condition de m&#232;re en garde altern&#233;e ne me permet d&#8217;assister qu&#8217;&#224; un entra&#238;nement sur deux et il est sp&#233;cifi&#233; sur leur site qu&#8217;ils recherchent l&#8217;assiduit&#233; de leurs membres. Je n&#8217;ai m&#234;me pas tent&#233; d&#8217;aller prendre une licence.</p><p>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;il me reste ? Les cours un peu chiants de Pilates entre midi et deux, qui n&#233;cessitent de quitter le bureau en catastrophe &#224; midi pile pour &#234;tre &#224; l&#8217;heure et me font courir all the way pour &#234;tre de retour &#224; 14 heures pile, encore suante et &#233;cumante, pour avaler ma salade sans sauce dans les trois premi&#232;res minutes de la premi&#232;re r&#233;union de l&#8217;apr&#232;m. Je l&#8217;ai fait quelques ann&#233;es mais honn&#234;tement, je suis arriv&#233;e &#224; la conclusion que c&#8217;&#233;tait cher pay&#233; pour un sport qui ne me plaisait m&#234;me pas.</p><p>Les derniers candidats sont donc des sports que je peux pratiquer seule quand j&#8217;ai du temps, soit : la course &#224; pied et la salle de sport. Cela n&#233;cessite au final peu d&#8217;&#233;quipement et me promet une flexibilit&#233; totale. Je peux y aller quand je peux, &#224; partir du moment o&#249; je parviens &#224; mettre de c&#244;t&#233; le fait que je D&#201;TESTE courir.</p><p>Cela n&#8217;est pas tout &#224; fait vrai. Avec un peu d&#8217;entra&#238;nement, la course &#224; pied est un effort que je consid&#232;re comme acceptable. Ce qui l&#8217;est beaucoup moins, c&#8217;est son &#233;cosyst&#232;me. La course &#224; pied, ou le running comme on l&#8217;appelle, ne serait pas la course &#224; pied sans Strava et LinkedIn. Il y a deux principes clefs dans ce sport :</p><ul><li><p>si l&#8217;activit&#233; n&#8217;est pas sur Strava, elle n&#8217;existe pas</p></li><li><p>si tu n&#8217;as pas fait un post LinkedIn, tu fais pas de running</p></li></ul><p>D&#8217;o&#249; ce d&#233;ferlement de publications lors du marathon de Paris, men&#233; par cette arm&#233;e de quadrag&#233;naire qui estiment inconcevable de passer plus de 4 heures pour avaler les 42 km.</p><p>Tout &#231;a mis bout &#224; bout, j&#8217;avais plut&#244;t fait une croix sur une pratique sportive r&#233;guli&#232;re, tout en me disant que &#231;a m&#8217;aiderait pas &#224; vieillir correctement. Je ne sais pas vous, mais je suis terrifi&#233;e par l&#8217;id&#233;e de terminer en EHPAD. Ou de mettre 5 heures pour terminer le marathon de Paris, ce qui para&#238;t en &#234;tre une cons&#233;quence directe.</p><p>J&#8217;en &#233;tais l&#224; de mes ruminations quand insta m&#8217;a sorti un reportage de derri&#232;re les fagots. Le th&#232;me ? Les vieux sportifs. Ou les sportifs vieux, &#231;a d&#233;pend de comment on l&#8217;envisage. Martine, 80 balais, qui termine un 10 km en 1 h 19, Lucien, 94 ans dont 74 sur un tatami, Monique la prof de Pilates la plus &#226;g&#233;e de France du haut de ses 91 piges. Chacun a son histoire. Certains ont commenc&#233; le sport tout petit, d&#8217;autres s&#8217;y sont mis &#224; la cinquantaine et n&#8217;ont plus jamais arr&#234;t&#233;. Leur point commun c&#8217;est qu&#8217;ils vieillissent super bien. Cela me fait penser, de plus en plus, que la vie n&#8217;est pas un long fleuve tranquille mais plut&#244;t une s&#233;rie d&#8217;&#233;cluses. Plut&#244;t que d&#8217;envisager l&#8217;avenir comme une immensit&#233; qui s&#8217;&#233;tire &#224; perte de vue, peut-&#234;tre qu&#8217;il faudrait plut&#244;t voir des compartiments successifs. Aujourd&#8217;hui, dans mon compartiment, il n&#8217;y a pas beaucoup de place pour aller suer avec d&#8217;autres gens. Peut-&#234;tre que ma prochaine licence de volley-ball m&#8217;attend tranquillement dans le prochain, ou celui d&#8217;apr&#232;s.</p><p>J&#8217;ai le temps de voir.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu Au sens large ! 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J&#8217;ai chang&#233; mon fusil d&#8217;&#233;paule : cela fait un an que j&#8217;essaie de faire des amigurumis, ces petites peluches mignonnes en crochet qui fleurissent un peu partout. Au pire, &#231;a me fera toujours quelque chose &#224; qui parler apr&#232;s la fin du monde. </p><p>Comme toutes les vieilles dames de mon &#226;ge (j&#8217;ai trente-huit ans), je tricote convenablement : je m&#8217;&#233;tais naturellement dit que &#231;a ne devait pas &#234;tre bien compliqu&#233; cette histoire. D&#8217;autant plus que je ne suis pas mauvaise pour les ouvrages &#224; monter en ligne droite : je crains d&#233;gun si on parle de cha&#238;nette, de maille serr&#233;e ou de mailles coul&#233;es.</p><p>Sauf que la technique essentielle &#224; ma&#238;triser pour se faire un p&#8217;tit pote en crochet, c&#8217;est le cercle magique. Pour faire simple, au lieu de faire une cha&#238;nette droite, il faut la faire autour d&#8217;un cercle en fil et apr&#232;s on attaque.</p><p>Je ne sais pas si vous &#234;tes vieux comme moi, mais quand j&#8217;&#233;tais &#224; l&#8217;&#233;cole primaire, on jouait dans la cour &#224; faire des formes avec une ficelle tendue entre nos doigts et le but ultime &#233;tait de faire la tour Eiffel. J&#8217;ai donc tent&#233; de faire ce fameux cercle de l&#8217;enfer, que Dante avait probablement d&#233;crit dans un brouillon non publi&#233;. Apr&#232;s avoir successivement r&#233;alis&#233; avec mon fil le viaduc de Garabit, la Sagrada Familia et la statue de la Libert&#233;, j&#8217;ai fait ce que n&#8217;importe qui &#224; ma place aurait fait. Non, je n&#8217;ai pas tout br&#251;l&#233;. Je suis all&#233;e regarder des tutos vid&#233;os.</p><p>Cela a commenc&#233; gentiment avec quelques reels de dames qui pourraient &#234;tre ma m&#232;re. Elles ne m&#8217;ont absolument pas sortie d&#8217;affaire donc j&#8217;ai d&#251; continuer &#224; creuser.</p><p>Et l&#224;, l&#8217;algorithme me les a envoy&#233;s. Les cavaliers du crochet. Les Avengers de la maille coul&#233;e. Ils &#233;taient aussi incroyables qu&#8217;improbables. En jogging et requins, avec de la barbe, des cheveux cr&#233;pus et une sacoche Lacoste dans laquelle ils avaient rang&#233; leur dernier ouvrage : le crochet avait envahi la street.</p><p>Ils produisent des reels de qualit&#233; mais surtout ils ont une technique de dingue. Ils ma&#238;trisent tous les points, toutes les techniques, toutes les tailles de fil. Ils croch&#232;tent chez eux, dans le m&#233;tro, dans la rue en attendant un pote. Et ils n&#8217;ont absolument rien &#224; carrer du regard des autres.</p><p>Une fois pass&#233; les empereurs du premier degr&#233;, j&#8217;ai d&#233;couvert les autres &#224; mon grand ravissement. Que voulez-vous, je suis sans force face au second degr&#233;. Quand je suis tomb&#233;e sur un reel qui commen&#231;ait par un type gaul&#233; comme une armoire ik&#233;a qui me regardait d&#8217;un &#339;il noir sous son bonnet enfonc&#233; aux sourcils et qui a tout d&#8217;un coup switch&#233; avec le m&#234;me bonhomme qui a sorti une licorne en cours de confection de sa sacoche sigl&#233;e LV, je crois que j&#8217;ai &#233;clat&#233; de rire si fort que j&#8217;ai d&#251; r&#233;veiller l&#8217;immeuble. Ils ne sont pas plus dupes que vous et moi : ils savent qu&#8217;ils sont en d&#233;calage avec tous les codes, alors ils en jouent.</p><p>C&#8217;est bien cela que j&#8217;ai trouv&#233; formidable : cette conscientisation du total d&#233;calage et leur appropriation de ces codes. </p><p>Les r&#233;seaux sociaux fourmillent de comptes de mecs qui nous expliquent comment &#234;tre de vrais mecs. La formule n&#8217;a pas chang&#233; depuis le premier spectacle de Florence Foresti, cela reste globalement : &#8220;pour &#234;tre un homme, il faut une femme, une vache, une patate&#8221;. Cela n&#8217;a jamais inclus les travaux d&#8217;aiguille, sauf si cela implique de se recoudre soi-m&#234;me sans anesth&#233;sie. Le contre-pied est tel qu&#8217;on pourrait imaginer qu&#8217;ils ferait &#231;a dans le secret de leurs alc&#244;ves mais ils ont d&#233;cid&#233; de nous le montrer parce que, comme dirait le po&#232;te, &#8220;ballec&#8221;.</p><p>Est-ce que &#231;a n&#8217;est pas merveilleux, autant de l&#226;cher prise &#224; notre &#233;poque ? C&#8217;est presque aussi exotique qu&#8217;un adulte qui me dit qu&#8217;il n&#8217;a aucun r&#233;seau social parce que &#231;a ne l&#8217;int&#233;resse pas. Il y a cette esp&#232;ce de d&#233;tachement que je r&#234;ve d&#8217;atteindre un jour parce que j&#8217;ai toujours v&#233;cu dans la peur du regard des autres. La peur d&#8217;&#234;tre trop et celle d&#8217;&#234;tre pas assez. Trop grande. Pas assez discr&#232;te. Trop forte en gueule. Pas assez diplomate. Vous imaginez le tableau. Je suis incapable de suivre les conseils de Chlo&#233;, 23 ans, coach de vie alors qu&#8217;elle d&#233;marre &#224; peine la sienne. Je ne sais pas vivre pour moi sans penser &#224; ce qu&#8217;on pourra en dire, quand bien m&#234;me je sais que tout le monde se fout de ce que je fais. On est tous le personnage principal de nos vies mais il faut bien admettre que pour les autres, on est jamais beaucoup plus qu&#8217;un PNJ.</p><p>Bref, en attendant d&#8217;avoir cette &#233;piphanie, j&#8217;ai mis ces quelques comptes dans ceux que je suis sur Instagram, pour avoir leurs vid&#233;os dans mon feed r&#233;guli&#232;rement. La piq&#251;re de rappel n&#8217;est jamais inutile. Et si &#231;a se trouve, je vais r&#233;ussir &#224; le faire, ce satan&#233; cercle magique.</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/crochet-du-gauche/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/crochet-du-gauche/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Sinon le m&#233;tier d&#8217;auteur, &#224; part en d&#233;dicace, c&#8217;est un peu toujours de crier dans une salle vide. Si tu as lu jusqu&#8217;au bout, h&#233;site pas &#224; laisser un commentaire ou mettre un like, j&#8217;aurais l&#8217;impression que les strapontins du fond sont remplis. Si tu n&#8217;es pas abonn&#233;, je t&#8217;ai mis un lien un peu plus haut : c&#8217;est gratuit, &#231;a le restera et &#231;a me motive &#224; ciseler mes textes.</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Si t'as pas tout plaqué pour partir à Bali, t'as raté ta vie]]></title><description><![CDATA[Ou comment culpabiliser en regardant des gens envoyer des mails depuis une plage]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/si-tas-pas-tout-plaque-pour-partir</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/si-tas-pas-tout-plaque-pour-partir</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Mar 2026 08:02:26 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/276408d4-b93c-491c-ad80-6dacfab2ae12_1536x1024.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Il y a maintenant une vingtaine d&#8217;ann&#233;es, on nous disait que si on n&#8217;avait pas une Rolex &#224; cinquante ans, on avait rat&#233; notre vie.</p><p>Cela nous avait beaucoup &#233;mus, nous le petit peuple qui &#224; l&#8217;&#233;poque regardait l&#8217;heure sur sa meilleure Swatch. Cela ferait probablement moins les gorges chaudes du petit peuple actuel, qui a le m&#234;me iPhone que n&#8217;importe quel arriviste.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu Globalement, rien n'est sous contr&#244;le  ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p>Ainsi, le story telling de la r&#233;ussite a d&#251; se r&#233;inventer. Au tournant des ann&#233;es 2000, il fallait avoir une maison, une voiture ch&#232;re, une femme et une ma&#238;tresse, partir &#224; l&#8217;&#238;le Maurice et poss&#233;der, donc, la fameuse Rolex.</p><p>Depuis la fin de la pand&#233;mie, r&#233;ussir c&#8217;est avoir tout plaqu&#233; pour vivre &#224; Bali. Enfin, tout plaqu&#233; pour vivre &#224; Bali <em>et le raconter sur les r&#233;seaux</em>. S&#8217;il y a bien une chose immuable, c&#8217;est qu&#8217;il ne sert &#224; rien d&#8217;accomplir des choses si on ne le montre pas.</p><p>On les voit donc pulluler, ces gens qui, un beau matin, ont mis toutes leurs possessions dans un garde-meuble de r&#233;gion parisienne et le cap vers l&#8217;a&#233;roport, direction l&#8217;autre bout du monde. Pas folles, les gu&#234;pes : leurs ordinateurs et leurs appareils photos sont soigneusement rang&#233;s dans leurs bagages cabines. Il faut bien &#231;a pour ouvrir un compte sur les r&#233;seaux sociaux.</p><p>On ne comprend pas bien leur travail. Ils nous expliquent vaguement qu&#8217;ils sont dans la tech et qu&#8217;ils ont l&#8217;avantage incroyable d&#8217;avoir un patron qui permet le full remote (et le full d&#233;calage horaire) ou que le free lancing permet finalement de travailler d&#8217;o&#249; on veut dans le monde.</p><p>Pendant qu&#8217;on se tape les bouchons et la grisaille, ils nous inondent de photos de plages paradisiaques, de s&#233;ances de yoga au lever du soleil et d&#8217;hashtag inspirants : si on veut, on peut.</p><p>Sauf qu&#8217;en fait, non.</p><p>Quand on veut, on peut, si : on a de l&#8217;argent de c&#244;t&#233; pour payer le billet d&#8217;avion, un employeur qui permet le t&#233;l&#233;travail, des connaissances en montage vid&#233;o ou une capacit&#233; d&#8217;autoapprentissage suffisante, pas de maladie chronique, pas de handicap lourd, pas de contraintes type enfant en garde altern&#233;e ou parent &#224; aider.</p><p>Au premier abord, on ne se rend pas bien compte de l&#8217;alignement des plan&#232;tes que cela demande, de pouvoir tout plaquer du jour au lendemain. Alors, comme pour le reste, on commence par culpabiliser d&#8217;&#234;tre coinc&#233; dans notre routine. On se dit que notre existence ce sera le m&#233;tro boulot dodo jusqu&#8217;&#224; la retraite, si tant est qu&#8217;il y ait une retraite, alors que si on avait mieux men&#233; notre barque on pourrait se la couler douce dans un hamac.</p><p>Ce qu&#8217;on ne voit pas, en revanche, dans ces cartes postales aux esth&#233;tiques hyperl&#233;ch&#233;es, c&#8217;est le revers de la m&#233;daille. L&#8217;absence d&#8217;eau potable au robinet, les loyers qui commencent &#224; exploser et le visa pr&#233;caire. Cette autorisation de s&#233;jour qui les oblige &#224; effectuer r&#233;guli&#232;rement ce qu&#8217;on appelle avec pudeur le visa run. Sport national des expats qui consiste &#224; sortir du pays pour y entrer de nouveau quelques heures plus tard. Mais qui va nourrir le chat le jour o&#249; un fonctionnaire refusera de tamponner le petit livret ?</p><p>Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est finalement, cette vraie vie qu&#8217;ils essaient de nous vendre ? oui, ne nous leurrons pas, ces comptes-l&#224; ne sont pas cr&#233;&#233;s uniquement pour le petit shoot de dopamine que procure un like. L&#224; o&#249; Instagram a fait le choix de ne pas payer les cr&#233;ateurs, Tik Tok propose au contraire une r&#233;mun&#233;ration li&#233;e notamment aux nombres de vues. Utile pour aider &#224; financer les cocktails au bord d&#8217;une piscine &#224; d&#233;bordement. C&#8217;est que &#231;a co&#251;te cher, un parasol.</p><p>Cette vraie vie, c&#8217;est la m&#234;me que la mienne mais avec un r&#233;seau internet moins fiable. C&#8217;est pr&#233;parer des powerpoints, envoyer des mails et expliquer &#224; Michel de la compta pourquoi la note de frais du patron doit passer telle quelle. Oui, entre deux il y a l&#8217;option &#171; aller marcher sur le sable &#187; plut&#244;t que &#171; fumer une clope avec Sylvie du service RH &#187;, mais globalement, le reste est le m&#234;me. Bonus les horaires d&#233;cal&#233;s pour &#234;tre &#224; l&#8217;heure en visio.</p><p>Au final, si je fais le bilan, je me dis que je m&#8217;en sors pas trop mal. OK, je pourrais &#233;crire cette newsletter depuis l&#224;-bas, mais est ce que la vie vaudrait vraiment le coup d&#8217;&#234;tre v&#233;cue si je n&#8217;&#233;tais pas &#224; 9 heures &#224; la machine &#224; caf&#233; ?</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/si-tas-pas-tout-plaque-pour-partir/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/si-tas-pas-tout-plaque-pour-partir/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p><p>Si &#231;a vous a plu, n&#8217;h&#233;sitez pas &#224; mettre un like, &#224; commenter ou &#224; vous abonner si &#231;a n&#8217;est pas fait, &#231;a m&#8217;aide &#224; continuer !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Le princess treatment : la charge mentale en robe de bal]]></title><description><![CDATA[L'algo ne vous veut pas que du bien.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/le-princess-treatment-la-charge-mentale</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/le-princess-treatment-la-charge-mentale</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 08:02:36 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/0b74f578-dee1-4905-81fc-a98bf90cb7f2_1536x1024.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai encore vu passer r&#233;cemment sur les r&#233;seaux sociaux la plainte d&#8217;une meuf qui incite ses cong&#233;n&#232;res &#224; quitter leurs mecs si elles ne re&#231;oivent pas le &#8220;princess treatment&#8221;. &#202;tre trait&#233;e comme une princesse, donc, ce qui correspond dans leurs id&#233;aux de reines des projecteurs &#224; avoir un mec qui paie leurs manucures, les emm&#232;ne au restau et apprenne &#224; faire de bonnes photos d&#8217;elle. Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est qu&#8217;un princess treatment si on ne peut pas le documenter correctement sur Insta, apr&#232;s tout.</p><p>Je comprends un peu le projet. Apr&#232;s des ann&#233;es &#224; gueuler sur la charge mentale et sur le fait que les femmes se braquent toute la logistique y compris dans le dating, on demande un juste retour des choses. En l&#8217;occurrence, ce juste retour des choses c&#8217;est pouvoir scroller sur internet pendant que monsieur s&#8217;occupe de r&#233;server les vacances.</p><p>Merci d&#8217;avoir lu Globalement, rien n&#8217;est sous contr&#244;le  ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p><p>D&#233;cortiquons un peu le sujet. Quelle est la promesse de vente ? C&#8217;est somme toute tr&#232;s simple : soit l&#8217;Homme est capable de lire dans vos pens&#233;es et de satisfaire vos moindres d&#233;sirs, soit il prend la porte. Une esp&#232;ce d&#8217;homme 2.0 t&#233;l&#233;pathe, qui sait que c&#8217;est le moment de vous apporter votre Stanley Cup d&#233;bordante de votre boisson pr&#233;f&#233;r&#233;e ou de vous r&#233;server un voyage en business pour dix jours tous frais pay&#233;s aux Maldives.</p><p>J&#8217;ai bien peur de devoir vous avouer une triste v&#233;rit&#233;.</p><p>J&#8217;ai eu ma premi&#232;re relation amoureuse &#224; 17 ans, j&#8217;en ai d&#233;sormais 37. Entre-temps, j&#8217;ai eu quelques relations et mes copines aussi.</p><p>Je suis au regret de vous annoncer que cet homme 2.0 n&#8217;existe pas.</p><p>Je ne dis pas que l&#8217;initiative individuelle n&#8217;existe pas. Il y a des hommes qui font des cr&#234;pes sans qu&#8217;on leur demande ou qui r&#233;servent un restau alors que &#231;a n&#8217;est pas la saint valentin. Il para&#238;t d&#8217;ailleurs que certains hommes savent que le 14 f&#233;vrier est un jour important m&#234;me les ann&#233;es o&#249; c&#8217;est pas la date de France Angleterre pendant le tournoi des 6 nations mais on s&#8217;&#233;loigne du sujet de la chronique.</p><p>Je dis juste qu&#8217;encore une fois, on ne sait pas ce qu&#8217;il se passe dans la vie de ces femmes une fois le tournage termin&#233;. Cela dit, on peut &#233;mettre quelques suppositions raisonnables. Est-ce qu&#8217;elles ont pos&#233; leur tr&#233;pied et que la magie a op&#233;r&#233; ? Spontan&#233;ment, l&#8217;homme est sorti de son garage, son bleu de travail s&#8217;est transform&#233; en chemise blanche repass&#233;e par ses soins et ses taches de cambouis se sont &#233;vapor&#233;es ? Puis il est apparu devant le canap&#233;, pr&#234;t &#224; emballer sa belle dans un plaid avec tellement d&#8217;accessoires que je ne savais m&#234;me pas qu&#8217;il fallait autant de choses pour juste regarder la t&#233;l&#233; ?</p><p>Bien s&#251;r que non.</p><p>Il s&#8217;est pass&#233; les &#233;tapes suivantes :</p><ol><li><p><em>elle</em> a &#233;crit le script</p></li><li><p><em>elle </em>s&#8217;est procur&#233; les accessoires</p></li><li><p><em>elle </em>a mont&#233; le d&#233;cor</p></li><li><p><em>elle</em> a fourni le costume</p></li><li><p><em>elle</em> a cadr&#233;, film&#233;, mont&#233; et diffus&#233; sa vid&#233;o</p></li></ol><p>Dans cette histoire, l&#8217;homme ne joue qu&#8217;un vague r&#244;le de figurant, ne nous y trompons pas. Parce que cette histoire de princess treatment, finalement, &#231;a ne les regarde pas. C&#8217;est un projet f&#233;minin, &#224; d&#233;faut d&#8217;&#234;tre f&#233;ministe. Cette esth&#233;tique est contreproductive. Doit-on juger de la qualit&#233; de la relation au nombre de bouquets de fleurs re&#231;us ? D&#8217;ailleurs, depuis quand est-ce que le cours de la marguerite est une donn&#233;e pertinente pour &#233;valuer la solidit&#233; d&#8217;un couple ?</p><p>Le princess treatment c&#8217;est l&#8217;art de d&#233;montrer aux femmes qu&#8217;une nouvelle fois, elles ne font pas assez bien. Apr&#232;s s&#8217;&#234;tre attaqu&#233; &#224; leurs corps, &#224; leur fa&#231;on d&#8217;organiser leur temps libre, au contenu de leurs ut&#233;rus, on se penche d&#233;sormais sur leur couple. Ne vous y trompez pas, l&#8217;algorithme ne pousse pas ces reels vers les comptes masculins. Aucun de mes amis m&#226;les interrog&#233;s n&#8217;a le souvenir d&#8217;avoir vu passer ce type de contenu. Ce qui tend &#224; d&#233;montrer que cette trend n&#8217;a pas vocation &#224; culpabiliser un homme lambda de ne pas prendre suffisamment soin de sa compagne.</p><p>Le public, ce sont les femmes. Les femmes stress&#233;es et &#233;cras&#233;es sous le quotidien, a qui on montre entre deux photos de Bali ce qu&#8217;aurait pu &#234;tre sa vie si elle avait choisi le bon mec. Ici, on ne d&#233;finit pas le &#171; bon mec &#187; par &#171; ce type normal, probablement un peu d&#233;garni, avec un petit bidou, qui rentre un peu tard du boulot des fois mais qui sait faire la vaisselle et plier du linge &#187;. Bien s&#251;r que non. Le &#171; bon mec &#187; est un fantasme de com&#233;die romantique : grand et bien b&#226;ti, si possible un peu barbu et avec un v&#234;tement &#224; carreaux. Le m&#234;me qui en hiver s&#8217;occupera de l&#8217;avocate de la grande ville revenue chez ses parents sur un malentendu et &#224; qui il r&#233;apprendra les valeurs de la famille, de No&#235;l et de l&#8217;amour. C&#8217;est dur d&#8217;&#234;tre un intermittent du spectacle, il faut savoir &#234;tre sous tous les fronts.</p><p>En r&#233;sum&#233;, faut-il se s&#233;parer de nos conjoint-e-s parce qu&#8217;iels ne lisent pas dans les pens&#233;es ? Je ne sais pas.</p><p>Est-ce que je veux que mon mec m&#8217;emm&#232;ne une semaine en Ecosse sans que j&#8217;aie eu besoin de m&#8217;occuper de checker les h&#244;tels ? Oui, mille fois oui, bien s&#251;r. Mais &#231;a, c&#8217;est une fois par an. Est-ce que je pr&#233;f&#232;re qu&#8217;il continue de sortir la poubelle quand elle est pleine et de remplacer le rouleau de papier toilette de sa propre initiative ? &#192; mon grand d&#233;sarroi, &#234;tre une femme adulte c&#8217;est pr&#233;f&#233;rer cette deuxi&#232;me option. Dans une relation saine, je pense qu&#8217;il vaut mieux que le quotidien soit &#233;quilibr&#233;, quitte &#224; ce que les initiatives soient plus rares.</p><p>Je m&#8217;en vais retourner &#224; mon couple un peu plan plan, o&#249; personne ne me fait de virement pour mes manucures mais o&#249; je ne cuisine pas tous les soirs parce que j&#8217;ai choisi un homme capable. C&#8217;est mon princess treatment, et tant pis si parfois je tire un peu plus du c&#244;t&#233; Cendrillon que du c&#244;t&#233; Raiponce.</p><p>De toute fa&#231;on, ma pr&#233;f &#231;a a toujours &#233;t&#233; Mulan.</p><p>Celle qui fait des coups de pied retourn&#233;s et qui fait douter Li Shang de son h&#233;t&#233;rosexualit&#233;.</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/le-princess-treatment-la-charge-mentale/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/le-princess-treatment-la-charge-mentale/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; l'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; l'accueil</span></a></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Je suis fatiguée des femmes inspirantes]]></title><description><![CDATA[Depuis quand le 8 mars nous oblige &#224; &#234;tre exceptionnelles ?]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/je-suis-fatiguee-des-femmes-inspirantes</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/je-suis-fatiguee-des-femmes-inspirantes</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 08:01:40 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/33b722fa-a0ed-4b51-8d6c-7fcec747a377_1200x630.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Dans dix jours, c&#8217;est le 8 mars et de vous &#224; moi, je suis tr&#232;s contente que cette ann&#233;e &#231;a tombe un dimanche.</p><p>Je con&#231;ois tout &#224; fait la n&#233;cessit&#233; d&#8217;une journ&#233;e d&#233;di&#233;e aux droits des femmes, histoire de se rappeler que dans certains pays les filles n&#8217;ont pas le droit d&#8217;aller en cours de math. Alors que bon, si jamais c&#8217;est trop compliqu&#233; on peut toujours compter sur nos doigts et, sauf exceptions, tout le monde en a dix.</p><p>Cela fait des ann&#233;es qu&#8217;en France, on milite contre cette d&#233;rive du &#8220;8 mars, la journ&#233;e de la femme&#8221;, pr&#233;texte id&#233;al pour vendre des aspirateurs en promotion, proposer aux hommes d&#8217;acheter des fleurs &#224; leur moiti&#233; ou faire des blagues spirituelles du type : &#8220;elle pourra faire la vaisselle demain !&#8221; </p><p>Ce dont on ne parle pas suffisamment &#224; mon go&#251;t, ce sont des communicants d&#8217;entreprises qui profitent de cette manifestation pour l&#8217;&#233;taler sur une semaine et mettre le poids du corps sur ces femmes aux parcours inspirants.</p><p>Toutes les entreprises que je connais font le m&#234;me constat : il n&#8217;y a pas assez de femmes dans les effectifs. Personne ne peut s&#8217;attaquer au n&#339;ud du sujet : l&#8217;orientation genr&#233;e des &#233;tudes sup&#233;rieures. Alors on assiste &#224; une course RH pour trouver la perle rare. Ce qui, dans la plupart des bo&#238;tes, se r&#233;sume en &#8220;on cherche un homme qui se genre au f&#233;minin&#8221;. On veut bien recruter une femme, mais si elle est en &#226;ge de partir en cong&#233; maternit&#233;, on a un peu la flemme. On accorde des jours enfants malades, mais on est contents quand personne ne les prend. On ne met surtout pas en place de cong&#233; menstruel, elles pourraient s&#8217;en servir pour ne pas venir travailler alors qu&#8217;elles n&#8217;en ont pas besoin. Sinc&#232;rement, si quelqu&#8217;un se sert d&#8217;un cong&#233; menstruel comme pr&#233;texte pour ne pas aller au boulot, ne faudrait-il pas surtout se poser la question du management ?</p><p>Dans ce contexte, la semaine du 8 mars devient alors une fen&#234;tre dans laquelle il faut s&#8217;engouffrer pour communiquer. On pr&#233;sente des portraits de femmes qui font des m&#233;tiers d&#8217;hommes, comme on dit. Celle-ci est chirurgienne cardiaque et parvient &#224; sauver des vies tout en r&#233;cup&#233;rant ses enfants &#224; l&#8217;&#233;cole le soir. Celle-l&#224; est gardienne de prison et sait faire les plus belles clefs de bras du centre p&#233;nitentiaire. Cette derni&#232;re encore est PDG d&#8217;un grand groupe, comme si cela ne devait pas &#234;tre un non-&#233;v&#232;nement en 2026.</p><p>Je ne renie pas ces parcours, que je trouve objectivement admirables. C&#8217;est incroyable que Sophie Adenot soit astronaute dans l&#8217;ISS. Personnellement j&#8217;ai le vertige sur un parcours d&#8217;accrobranche, je vous laisse imaginer &#224; quel point elle et Thomas Pesquet sont des personnages de science-fiction &#224; mes yeux.</p><p>Ce qui me fatigue, c&#8217;est que le 8 mars est devenu une course &#224; la performance. En tant que femme, j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;&#234;tre au zoo mais du mauvais c&#244;t&#233; de la cage. Comme si un monsieur loyal venait crier &#8220;regardez, une FEMME a fait des &#233;tudes ! Une FEMME a un poste de direction ! Une FEMME peut monter une mayonnaise alors qu&#8217;elle a ses r&#232;gles !&#8221;</p><p>On n&#8217;a pas le droit d&#8217;&#234;tre juste une femme et de suivre son chemin. On n&#8217;a pas le droit de vouloir une vie normale et tranquille. Non. Il faut avoir un parcours inspirant. On n&#8217;a pas le droit &#224; la m&#233;diocrit&#233; comme n&#8217;importe quel homme. Encore une fois, il faut surperformer pour exister.</p><p>Regardez bien votre compte LinkedIn la semaine prochaine, si vous avez consenti &#224; vous inscrire sur ce r&#233;seau social des enfers. Entre Michel qui raconte son dernier entretien d&#8217;embauche en courant dix bornes avec un candidat qui n&#8217;avait rien demand&#233; et John qui nous explique qu&#8217;il a chang&#233; de mindset en buvant un caf&#233; en terrasse, vous allez les voir. Ce sont des marronniers bien format&#233;s o&#249; on va vous raconter le parcours incroyable de Micheline qui s&#8217;est battue pour &#233;lever seule ses seize enfants tout en reprenant ses &#233;tudes. Le combat &#233;patant de Jessica qui continue de travailler alors qu&#8217;elle est aidante. La pugnacit&#233; r&#233;volutionnaire de Jocelyne, rentr&#233;e femme de m&#233;nage il y a trente-cinq ans et d&#233;sormais directrice adjointe d&#8217;une agence bancaire.</p><p>Il y a toute une s&#233;mantique militaire d&#233;guis&#233;e dans ces posts. Si on est une femme, alors on doit &#234;tre combative, pugnace, loyale, impliqu&#233;e et offensive. Il faut avoir un parcours hors norme et inspirer le respect.</p><p>Et vous savez quoi ? J&#8217;en ai ma claque, de ces storytelling bien l&#233;ch&#233;s. Je voudrais juste avoir le droit d&#8217;&#234;tre un humain normal. D&#8217;aller au boulot fatigu&#233;e, de m&#8217;affirmer avec aplomb sur un sujet auquel je ne connais rien et d&#8217;avoir une promotion sans avoir d&#251; marner pendant des mois pour prouver que j&#8217;&#233;tais capable de tenir le job.</p><p>Il faut continuer &#224; promouvoir la journ&#233;e internationale du droit des femmes. Il ne faut pas oublier que dans certains pays, les petites filles n&#8217;ont pas le droit de jouer au foot. M&#234;me si personne n&#8217;a jamais tir&#233; un penalty avec sa teub.</p><p>Mais je voudrais juste qu&#8217;on me donne aussi le droit d&#8217;avoir une carri&#232;re normale, voire m&#234;me un peu m&#233;diocre, sans me renvoyer tous les ans au visage cette injonction suppl&#233;mentaire &#224; performer aussi dans la sph&#232;re pro.</p><p>Bref, je voudrais juste avoir le droit d&#8217;&#234;tre un homme ordinaire.</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/je-suis-fatiguee-des-femmes-inspirantes/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/je-suis-fatiguee-des-femmes-inspirantes/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/subscribe"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Pour revenir &#224; l'accueil, c'est par ici&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Pour revenir &#224; l'accueil, c'est par ici</span></a></p><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Est-ce que tout est forcément de ma faute ?]]></title><description><![CDATA[Spoiler alert : non.]]></description><link>https://frejaville.substack.com/p/est-ce-que-tout-est-forcement-de</link><guid isPermaLink="false">https://frejaville.substack.com/p/est-ce-que-tout-est-forcement-de</guid><dc:creator><![CDATA[Sophie Fréjaville]]></dc:creator><pubDate>Wed, 11 Feb 2026 08:19:21 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/d2416d08-72d0-4c32-aa81-f249a0c88c15_1536x1024.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Je pensais que c&#8217;&#233;tait l&#8217;histoire d&#8217;une soir&#233;e qui avait mal commenc&#233;.</p><p>Ce soir-l&#224;, je suis rentr&#233;e un peu tard du boulot et impossible de rentrer la clef dans la serrure de ma porte d&#8217;entr&#233;e. Attaque de panique imm&#233;diate. C&#8217;&#233;tait de ma faute. Bien s&#251;r que c&#8217;&#233;tait de ma faute. Je n&#8217;aurais pas d&#251; changer le cylindre moi-m&#234;me quand j&#8217;ai emm&#233;nag&#233;. J&#8217;aurais d&#251; appeler un serrurier. Enfin j&#8217;avais appel&#233; un serrurier mais il m&#8217;a pos&#233; un lapin. J&#8217;aurais d&#251; confirmer le rendez-vous la veille, pour &#234;tre s&#251;re qu&#8217;il ne m&#8217;ait pas oubli&#233;e. Tout est de ma faute, o&#249; est ce que je vais dormir ce soir ? Qu&#8217;est-ce que j&#8217;ai encore FAUSSE ALERTE J&#8217;ESSAIE D&#8217;OUVRIR AVEC LA CLEF DE CHEZ MON MEC.</p><p>Autant dire que j&#8217;avais franchi le seuil de l&#8217;appartement avec le taux de cortisol d&#8217;un T-Rex apr&#232;s l&#8217;impact de la m&#233;t&#233;orite.</p><p>Le second probl&#232;me s&#8217;est d&#233;roul&#233; dans la cuisine. Ma ch&#232;re cuisine mont&#233;e dix jours auparavant, o&#249; j&#8217;ai trouv&#233; une flaque d&#8217;eau de la taille du Canada. Derri&#232;re les murs de ma ch&#232;re cuisine : un ploc ploc r&#233;gulier. Le genre de bruit qui donne envie de monter le son de l&#8217;autoradio.</p><p>Apr&#232;s essuyage, la flaque a alors commenc&#233; &#224; se reconstituer depuis le tuyau du chauffage collectif. Par acquit de conscience, j&#8217;ai ressuy&#233; plusieurs fois, au cas o&#249; l&#8217;univers se dise &#8220;allez, c&#8217;est bon, on a assez jou&#233;, maintenant j&#8217;arr&#234;te&#8221;. Tout &#231;a pendant que le ploc ploc continuait bien que j&#8217;aie proc&#233;d&#233; &#224; la coupure du g&#233;n&#233;ral. Le naufrage du Titanic s&#8217;est pass&#233; dans le calme compar&#233; &#224; ma panique. Surtout quand j&#8217;ai r&#233;alis&#233; que c&#8217;&#233;tait s&#251;rement &#224; cause du carrelage que j&#8217;ai fait poser. C&#8217;&#233;tait s&#251;r, c&#8217;&#233;tait de la faute du carreleur, intervenu quatre mois plus t&#244;t. Par extension, si c&#8217;&#233;tait sa faute alors c&#8217;&#233;tait ma faute. On a pas id&#233;e de faire des travaux chez soi.</p><p>Bref vous voyez le sch&#233;ma.</p><p>Apr&#232;s enqu&#234;te et filature, il s&#8217;est av&#233;r&#233; que l&#8217;eau venait b&#234;tement de l&#8217;&#233;tage du dessus. Par un truchement que je ne m&#8217;explique pas, et malgr&#233; un plafond sans aucune trace, la moiti&#233; de sa baignoire s&#8217;est retrouv&#233;e dans ma cuisine.</p><p>Deuxi&#232;me fois de la soir&#233;e o&#249; je n&#8217;avais rien fait de mal.</p><p>Deuxi&#232;me fois de la soir&#233;e o&#249; j&#8217;avais conclu spontan&#233;ment &#224; ma faute, ma tr&#232;s grande faute alors que pas du tout.</p><p>J&#8217;ai tellement int&#233;gr&#233; ce sch&#233;ma que je ne m&#8217;en &#233;tais pas rendu compte. C&#8217;est mon compagnon, quand il est ressorti du bunker dans laquelle il s&#8217;&#233;tait sagement retranch&#233; en attendant l&#8217;accalmie, qui me l&#8217;a fait remarquer.</p><p>Prenons cinq minutes pour saluer le remarquable instinct de survie de cet homme qui sait quand arr&#234;ter d&#8217;envoyer des messages. Les cavaliers de l&#8217;Apocalypse c&#8217;est la pat&#8217;patrouille &#224; c&#244;t&#233; de moi quand je suis stress&#233;e.</p><p>Bref, quand j&#8217;ai eu fini de lui faire un r&#233;sum&#233; des &#233;pisodes qu&#8217;il avait loup&#233;, il m&#8217;a dit &#8220;et finalement, rien n&#8217;&#233;tait de ta faute&#8221;.</p><p>J&#8217;ai &#233;t&#233; tent&#233;e de ne plus r&#233;pondre jusqu&#8217;au lendemain, l&#8217;immeuble peut tr&#232;s bien passer sous un tunnel, apr&#232;s tout. Je lui ai quand m&#234;me demand&#233; d&#8217;expliciter. J&#8217;ai re&#231;u : &#8220;tu le fais tout le temps. Si je ronchonne dans mon coin ou que j&#8217;ai l&#8217;air de mauvaise humeur, ton premier r&#233;flexe c&#8217;est de me demander ce que tu as fait de mal&#8221;.</p><p>Il avait totalement raison. Mon premier raisonnement, c&#8217;est de chercher pourquoi j&#8217;ai merd&#233;. Et en regardant bien, j&#8217;ai le m&#234;me d&#233;faut au boulot. Quiconque rentre dans mon bureau ou me dit bonjour sous teams se voit gratifi&#233; d&#8217;un &#8220;j&#8217;ai fait une connerie ?&#8221;</p><p>Je ne sais pas &#224; quel moment j&#8217;ai int&#233;gr&#233; ce m&#233;canisme de &#8220;tout est de ma tr&#232;s grande faute&#8221;. Je sais juste que le dernier qui s&#8217;est comport&#233; comme &#231;a savait aussi multiplier les pains et j&#8217;esp&#232;re que personne ne compte sur moi pour nourrir les troupes. Ou faire de la boxe.</p><p>Depuis ce fameux soir, j&#8217;essaie de mettre en place ce que j&#8217;appelle la culpabilit&#233; en pleine conscience. En d&#8217;autres termes, j&#8217;essaie de me demander si j&#8217;ai vraiment quelque chose &#224; me reprocher ou si c&#8217;est juste une culpabilit&#233; r&#233;flexe.</p><p>Mon mec est de mauvais poil ? Oui, mais il vient de m&#8217;expliquer qu&#8217;une r&#233;union s&#8217;&#233;tait mal pass&#233;e et qu&#8217;il avait vu son CV d&#233;filer devant ses yeux. Ma coll&#232;gue n&#8217;est pas contente d&#8217;une d&#233;cision de mon chef ? Mon chef est un adulte responsable qui n&#8217;a jamais attendu de moi une quelconque validation de ses choix. Mon fils bavarde trop en classe ? Oui, d&#8217;accord, &#231;a, c&#8217;est peut-&#234;tre un peu de ma faute, cet enfant est &#233;lev&#233; avec une m&#232;re qui parlerait &#224; un caillou.</p><p>Je sais que j&#8217;ai tendance &#224; vouloir assumer plus que ce qui est r&#233;ellement ma faute. Je sais que je vais mettre des ann&#233;es &#224; me d&#233;barrasser de ce r&#233;flexe de &#8220;o&#249; est mon erreur ?&#8221; quand on me demande si je suis fi&#232;re de moi. Mais je pense que m&#234;me si je ne suis qu&#8217;au d&#233;but d&#8217;un long chemin tortueux, l&#8217;important c&#8217;&#233;tait d&#233;j&#224; de trouver le d&#233;part de la rando.</p><p>Et pour le reste, on verra bien si le plafond moisi mais pour l&#8217;instant j&#8217;ai eu un d&#233;g&#226;t des eaux parfait : pas de destruction mais une r&#233;v&#233;lation sur moi-m&#234;me.</p><p>C&#8217;est dommage que personne n&#8217;ait rien transform&#233; en vin.</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/est-ce-que-tout-est-forcement-de/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/est-ce-que-tout-est-forcement-de/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci de m&#8217;avoir lue ! 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Ma copine Olivia avait des cahiers tenus comme des &#339;uvres d&#8217;art, une coiffure pour chaque jour de la semaine et le port de t&#234;te d&#8217;une prof de Pilates d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p><p>Au d&#233;but, elle m&#8217;avait beaucoup impressionn&#233;e. Vous imaginez rencontrer une poup&#233;e sortie du blister dix minutes avant la sonnerie ? C&#8217;&#233;tait l&#8217;effet qu&#8217;elle me faisait. Je n&#8217;avais pas os&#233; m&#8217;en approcher les premiers temps, persuad&#233;e qu&#8217;elle serait forc&#233;ment une peste. Que nenni. Olivia &#233;tait sympa et elle voulait vraiment me tirer vers le haut. Elle m&#8217;aidait &#224; am&#233;liorer l&#8217;esth&#233;tique de mes prises de notes et m&#8217;avait propos&#233; des cours d&#8217;essais dans le studio de danse o&#249; elle passait environ 80 % de son temps libre.</p><p>Mes tentatives pour lui ressembler se sont toutes termin&#233;es de la m&#234;me fa&#231;on : je n&#8217;avais jamais aucun point de pr&#233;sentation en contr&#244;le, que je ne r&#233;visais d&#8217;ailleurs pas. J&#8217;ai d&#251; faire un planning de r&#233;vision par semaine cette ann&#233;e-l&#224;, planning abandonn&#233; dans les dix minutes au profit d&#8217;un bouquin en attente sur ma table de chevet. Bon an mal an, j&#8217;avais plus de 15 de moyenne et j&#8217;allais bient&#244;t faire une fixation sur Pink : je n&#8217;&#233;tais pas capable de l&#8217;esth&#233;tique parfaite, alors plut&#244;t que les regrets, cherchons le contrepied.</p><p>Presque vingt ans plus tard, j&#8217;ai v&#233;cu le classique des trentenaires en couple depuis plus de dix ans : la Rupture. La majuscule s&#8217;impose. Au m&#234;me moment, le mouvement clean girl a explos&#233; sur les r&#233;seaux sociaux. Croyez-le ou non, je n&#8217;avais jamais oubli&#233; Olivia et j&#8217;ai alors pens&#233; que c&#8217;&#233;tait un signe. C&#8217;&#233;tait mon moment, mon era, j&#8217;allais enfin devenir ce que j&#8217;avais toujours r&#234;v&#233; d&#8217;&#234;tre. &#192; moi les chignons de danseuse, les salutations au soleil et les th&#233;s matcha. J&#8217;allais avoir la peau impeccable, l&#8217;air repos&#233; et je reprendrai ma vie en main.</p><p>Je vous assure que j&#8217;y ai vraiment cru.</p><p>Jusqu&#8217;&#224; ce que les vicissitudes du quotidien me rattrapent. Avez-vous la moindre id&#233;e de la logistique et du temps que cela demande, cette histoire ? C&#8217;est clairement un truc de filles de grandes villes sans enfants. Ou avec un partenaire qui peut s&#8217;occuper de la prog&#233;niture. Pas de coffee shop dans mon patelin et les cours de yoga sont dispens&#233;s le mercredi soir dans la salle des f&#234;tes accol&#233;e &#224; la mairie. &#199;a change un peu la DA du truc. De toute fa&#231;on, comment voulez-vous que vos comptes rendus de chantiers soient bien tenus et surlign&#233;s en pastel quand vous prenez des notes &#224; c&#244;t&#233; d&#8217;un tractopelle par moins cinq degr&#233;s sous la pluie ?</p><p>Alors j&#8217;ai cru que j&#8217;&#233;tais une rat&#233;e. Sur Instagram, &#231;a n&#8217;est pas si dur que &#231;a de se r&#233;veiller des heures avant d&#8217;aller au travail pour faire sa routine du matin. C&#8217;est enfantin de boire trente litres d&#8217;eau par jour et d&#8217;&#234;tre impeccable jusqu&#8217;au bout des ongles. Je me suis accroch&#233;e &#224; cette illusion parce que c&#8217;&#233;tait vital pour moi &#224; ce moment-l&#224; : c&#8217;&#233;tait ma porte de sortie, mon &#233;chappatoire vers une vie meilleure. En bonne obs&#233;d&#233;e du contr&#244;le, je me suis persuad&#233;e que si je reprenais la main sur ma vie de cette fa&#231;on alors j&#8217;allais remonter la pente et &#224; force de pers&#233;v&#233;rance, j&#8217;aurais une vie aussi simple que ces filles.</p><p>J&#8217;ai donc cherch&#233; pendant trois ans &#224; r&#233;soudre la quadrature du cercle. Manger des l&#233;gumes, dormir huit heures par jour, avoir une routine skin care impeccable et &#234;tre une m&#232;re solo irr&#233;prochable. J&#8217;allais me faire faire les ongles toutes les trois semaines, &#233;levant le choix de couleur &#224; une affaire d&#8217;&#233;tat. Le pizza hut de Washington DC a sacr&#233;ment chauff&#233; &#224; chaque fois. Faire du sport et tant pis si je n&#8217;avais d&#233;j&#224; pas assez d&#8217;&#233;nergie pour juste survivre en l&#8217;&#233;tat.</p><p>Je me suis &#233;puis&#233;e &#224; vouloir &#234;tre Olivia telle que je l&#8217;imagine aujourd&#8217;hui. J&#8217;ai m&#234;me cherch&#233; des cours de danses pour adultes d&#233;butants.</p><p>Petit &#224; petit, je me suis autoris&#233;e &#224; ouvrir les yeux. En regardant autour de moi, je me suis rendue compte que je cherchais &#224; atteindre un id&#233;al qui n&#8217;existait que dans ma t&#234;te et sur quelques stories savamment calibr&#233;es. Honn&#234;tement, quel parent se l&#232;ve vraiment &#224; quatre heures du matin pour faire son sport avant de r&#233;veiller les gosses ? Au lieu d&#8217;envoyer des likes, ne faudrait-il pas plut&#244;t d&#233;p&#234;cher une ambulance direction l&#8217;asile psychiatrique ?</p><p>Je suis &#233;puis&#233;e &#224; vouloir devenir quelqu&#8217;un d&#8217;autre, persuad&#233;e qu&#8217;&#234;tre moi n&#8217;&#233;tait pas suffisant. La qu&#234;te &#233;tait de toute fa&#231;on impossible &#224; terminer : quand on progresse, on a tendance &#224; remonter la barre plut&#244;t que de se permettre de la toucher.</p><p>J&#8217;ai fini par abdiquer. Je suis incapable de savoir si j&#8217;ai mang&#233; suffisamment de prot&#233;ine, je d&#233;teste le matcha et je ne sais pas faire le chien t&#234;te en bas.</p><p>Au final je suis juste une mid trentenaire tout ce qu&#8217;il y a de plus normale.</p><p>De vous &#224; moi, c&#8217;est d&#233;j&#224; suffisamment crevant comme &#231;a.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci de m&#8217;avoir lue ! Si &#231;a vous a plus, n&#8217;h&#233;sitez pas &#224; vous abonner, c&#8217;est gratuit.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/p/larnaque-de-la-clean-girl/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/p/larnaque-de-la-clean-girl/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://frejaville.substack.com/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Retour &#224; la page d'accueil&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="/__u/frejaville.substack.com/"><span>Retour &#224; la page d'accueil</span></a></p><p></p>]]></content:encoded></item></channel></rss>